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Banquet
Shakespeare

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Banquet Shakespeare


Présentation


Assise à un pupitre faiblement éclairé, au bord d’un dispositif circulaire en forme de cratère, une femme nous attend. Elle semble avoir subi le contre-effet de l’obscurité à laquelle elle se cantonne depuis si longtemps.
Le lieu, c’est le sien, son théâtre rond comme le « Globe » de Shakespeare ou comme le cirque d’un musée. Il n’est pas à notre échelle mais à celle des personnages qui, guidés par la narration du texte de J.Kott, viendront revisiter les lieux du crime, c’est à dire le plateau de ce petit théâtre en bois, constitué par le fond du cratère.

La somptuosité de l’écriture de Shakespeare sortira par de minuscules bouches. Conspiratrices, intrigantes, amoureuses terrorisées, silencieuses…
Ici, découvrant un crâne dans un sac rempli de terre; là, cherchant à poser une couronne sur la tête d’une créature sans visage : on ne joue pas les scènes, on peut les raconter. Il se joue autre chose, reflet de cette « longue chaîne de crimes » dont parle J.Kott.
Mais quelle histoire raconte-t-on ? Celle des poisons et des crimes, des tentations de pouvoir, de trahison et chutes d’empires. Les assassins sont là ! devant nous et nous servent à boire, à manger. N’y aurait-il pas du poison versé dans l’une de nos coupes ?

Odile Sankara, notre comédienne-griot, agit sur la machinerie du récit, au sens figuré comme au sens propre ; disposant sous la main des commandes de l’accastillage de son vieux théâtre en bois, elle va à la pêche des spectres et des petits personnages les réveillant de leur nuit profonde dans laquelle ils avaient sombré.
Banquet Shakespeare est un spectacle qui, s’appuyant sur le livre de Jan Kott (Shakespeare notre contemporain) cherche à explorer ce que l’auteur appelle le « grand mécanisme » qui lie indissolublement le crime et la couronne dans les tragédies noires (the dark plays jouées le soir aux chandelles, les autres étaient jouées l’après-midi) , chroniques de l’histoire de la lutte pour le pouvoir en Angleterre, de la fin du XIV° siècle aux dernières années du XV°.
« Ce qui nous frappe ici c’est que l’histoire fait du sur place. Dans chaque tragédie, on dirait que l’histoire décrit un cercle pour revenir à son point de départ. Ces cercles répétés se sont les règnes successifs. Dans chacune des chroniques, le souverain légitime traîne une longue chaîne de crimes ».

Le Banquet dont le spectacle tire son nom est celui de l’éternelle vengeance.
Son menu pourrait être celui décrit par Titus dans Titus Andronicus :
Ecoutez, scélérats, je vais broyer vos os en poussière,
De votre sang et de celle-ci faire une pâte,
Puis de cette pâte un cercueil,
Et je ferai deux pâtés de vos têtes honteuses,
Et prierai cette catin, votre mère sacrilège,
D’avaler sa propre engeance jusqu’à la terre.
Tel est le festin auquel je l’ai conviée ;
Et tel est le banquet dont elle va se repaître.

Ni leçon, ni analyse universitaire au sens étroit, le texte de Jan Kott est un chemin dans l’oeuvre de Shakespeare. Il est l’occasion de côtoyer intimement, presque en même temps, tous les personnages de ses tragédies. Nous en saisissons quelques pages pour jalonner ce parcours qui ne semble pas avoir d’autre fin possible que la solitude et la folie personnifiées par Lear. Le grand mécanisme s’est inversé brutalement et de la façon la plus étonnante : les rois qui cheminaient jusqu’à lors à l’extérieur d’une spirale ascendante, trouvent leur image inversée dans Lear, qui étrangement aspirés par l’intérieur de la spirale, tomberaient dans un sombre vortex sans retour. De l’analyse du mécanisme meurtrier, il nous mène à l’homme nu, démuni de tout, tenant sa fille morte dans ses bras.
Après Lear, « c’est tout. Il n’y a pas de nouveau roi. Le plateau reste vide comme le monde. »
Ezéquiel Garcia-Romeu et Laurent Caillon


A propos de Jan Kott

Jan Kott (1914-2001) est le plus célèbre critique et théoricien polonais du théâtre. Installé aux Etats-Unis à partir de 1966, il a enseigné aux universités de Yale et de Berkeley. Il est l’auteur aussi de Manger les dieux. Essai sur la tragédie grecque et la modernité.
Shakespeare notre contemporain a été écrit en 1962. C’est ce livre qui a largement influencé les mises en scènes des années 70, notamment dans le rapprochement qu’il fait entre Shakespeare et Beckett, en particulier concernant le Roi Lear.

Peter Brook, qui lui rend hommage dans la réédition Payot de 2006, parle de lui en ces termes :
Voici un homme qui commente l’attitude de Shakespeare devant la vie en se fondant sur l’expérience directe. (…) Son ouvrage est celui d’un savant, d’un spécialiste ; une étude sérieuse et précise, érudite sans rien de ce que l’on peut reprocher à l’érudition. Mais en le lisant, on s’aperçoit tout à coup à quel point il est rare qu’un commentateur, qu’un lettré ait la moindre expérience de ce qu’il décrit. Et l’on s’inquiète à l’idée que la plupart des études sur les passions humaines ou les opinions politiques de Shakespeare ont été conçues loin de la vie, dans le confort douillet de vieilles demeures anglaises enfouies sous le lierre. Kott est un tout autre genre d’homme. Comme Shakespeare, comme les contemporains de Shakespeare, il ne sépare pas le monde de la chair et le monde de l’esprit. Tous deux coexistent et se heurtent dans le même cadre: le poète a un pied dans la boue, un oeil sur les étoiles et un poignard dans la main. Les contradictions du monde vivant ne peuvent être niées.

Paradoxe omniprésent, qu’on ne peut discuter mais qu’il faut vivre : la poésie est une magie brutale qui brasse les extrêmes. Shakespeare est un contemporain de Kott. Kott est un contemporain de Shakespeare. Il parle de Shakespeare simplement, « de première main ». Son livre a la fraîcheur d’un témoignage écrit par un spectateur au sortir du « Globe », l’actualité directe d’une critique lue aujourd’hui sur un film nouveau. Pour le monde savant, cet ouvrage est un apport précieux ; pour les gens de théâtre, une contribution inestimable ; pour le public, une révélation.



Distribution


Production

Théâtre de la Massue, Compagnie Ezéquiel Garcia-Romeu

Coproduction

Théâtre National de Nice, CDN d’Aubervilliers, Théâtre de la Commune

Avec l’aide de la DRAC PACA, La ville de Nice, Le Département des Alpes-Maritimes, La région PACA, L’aide à la résidence de Conseil Général de la Seine Saint Denis

Mise en scène
Ezéquiel Garcia-Romeu

Dramaturgie
Laurent Caillon d’après Jan Kott et les tragédies de Shakespeare

Scénographie et lumières
Ezéquiel Garcia-Romeu - David Gondal

Conseiller Artistique
Laurent Caillon

Jeu
Odile Sankara - Christophe Avril

Machinerie et marionnettes
Odile Sankara - Christophe Avril - Ezéquiel Garcia-Romeu

Peintres décorateurs
Claudia Andrea Mella Diaz - Christophe Avril


Equipe artistique


Ezéquiel Garcia-Romeu
Metteur en scène - Dramaturge - Scénographe


46 rue Bonaparte, 06300 Nice. Tél. 07 70 00 75 40
Email

Né en 1961 à Buenos - Aires
Nationalité française. Bilingue, français – espagnol. Langues parlées : italien. Notions d’anglais et portugais.
Directeur artistique de la compagnie Théâtre de la Massue, Compagnie conventionnée par la DRAC PACA. Soutenue par La Région et le Département des Alpes-Maritimes et la Ville de Nice.

Après des études de guitare classique au conservatoire de Nice, et un diplôme de fin d’études, Ezéquiel Garcia-Romeu crée en 1985 sa compagnie où il exercera ses premières expériences de création. En 1990 il se forme à la mise en scène avec Jean Pierre Vincent.
Après des études de guitare classique au conservatoire de Nice, et un diplôme de fin d’études, Ezéquiel Garcia-Romeu crée en 1985 sa compagnie où il exercera ses premières expériences de création. En 1990 il se forme à la mise en scène avec Jean Pierre Vincent.

Son identité artistique

Auteur de ses propres spectacles, Ezéquiel Garcia-Romeu participe activement à l’exploration de formes nouvelles, situées à la croisée de plusieurs disciplines, et à leur reconnaissance, par le monde du théâtre et ses institutions. Adaptation d’œuvres littéraires, rénovation des classiques et des contemporains, art de la marionnette, scénographie et nouvelles technologies…, aujourd’hui, ces tendances ont trouvé toute leur place dans l’univers du spectacle vivant.
Adaptation d’oeuvres littéraires, rénovation des classiques et des contemporains, art de la marionnette, scénographie et nouvelles technologies…, aujourd’hui, ces tendances ont trouvé toute leur place dans l’univers du spectacle vivant.

Opéra

De 1987 à 2007, il met en scène des opéras pour enfants, dans le cadre des rencontres de chorales pour enfants, projet d’une grande envergure pédagogique et artistique soutenue par le département des Alpes-Maritimes, l’orchestre de Cannes dirigée par Philippe Bender et Alain Joutard : Marcel Landowski, Angélique Ionatos, John Appelton, Daniel Mesguisch, partageront successivement un même espace de création avec ces enfants, mis en scène par Ezéquiel Garcia-Romeu.

Théâtre

En 1998 il coécrit et met en scène avec François Tomsu Aberrations du Documentaliste dont l’interprète est Jacques Fornier, spectacle au 760 représentations ; le succès qu’il rencontre au Festival In d’Avignon, lui fait parcourir le monde et la France. Suivent de nombreuses créations, Micromégas, Ubu Roi, La méridienne, Métamorphoses, Anagrammes pour Faust, Opium… éveillant intérêt et enthousiasme, affirmant le goût d’Ezéquiel Garcia-Romeu pour la rencontre avec le public, encourageant son esprit de recherche. Dès lors, ses spectacles sont programmés au Théâtre National de Chaillot, à l’Odéon, au Théâtre de la Commune, à l’Auditorium du Musée d’Orsay…
Dès lors, ses spectacles sont programmés au Théâtre National de Chaillot, à l’Odéon, au Théâtre de la Commune, à l’Auditorium du Musée d’Orsay…
En 2003, lauréat de la Villa Médicis Hors les Murs, il est invité à la Caserne d’Alousie de Robert Lepage pour créer un laboratoire d’art dramatique lié aux nouvelles technologies.
Son esthétique explore des auteurs comme Voltaire, Jarry, Baudelaire, Valéry, Pessoa et fidélise autour de ses projets des comédiens comme Hervé Pierre, Mouss, Christophe Avril, Jacques Fornier… Il mettra en scène à l’automne 2011, en création au Théâtre de la Commune à Aubervilliers, Banquet Shakespeare, texte d’après les tragédies de Shakespeare, organisé par Laurent Caillon.
Son esthétique explore des auteurs comme Voltaire, Jarry, Baudelaire, Valéry, Pessoa et fidélise autour de ses projets des comédiens comme Hervé Pierre, Mouss, Christophe Avril, Jacques Fornier…
Il mettra en scène à l’automne 2011, en création au Théâtre de la Commune à Aubervilliers, Banquet Shakespeare, texte d’après les tragédies de Shakespeare, organisé par Laurent Caillon.
Ezéquiel Garcia-Romeu à été metteur en scène associé au Théâtre Granit-scène nationale de Belfort (1999-2003), au Théâtre de la Manufacture-Centre Dramatique National de Nancy (2007-2009).

Il est actuellement artiste associé au Théâtre de la Commune, centre Dramatique National d’Aubervilliers.


Laurent Caillon

Collaborateur régulier du Théâtre de l’Aquarium de 1985 à 1997, comme assistant à la mise en scène ou concepteur musical. Depuis 1997, il fait partie de l'équipe permanente du Théâtre de la Commune en tant que collaborateur artistique.
Avec Jean-Louis Benoit : Louis de Jean-Louis Benoit, La Peau et les os d’après Georges Hyvernaud, Les Ratés de Henri-René Lenormand. Avec Didier Bezace : Les Heures blanches d’après Ferdinando Camon, Le Piège d’après Emmanuel Bove, La Femme changée en renard d’après David Garnett, La Noce chez les petits-bourgeois suivie de Grand'peur et misère du IIIe Reich de Bertolt Brecht, Pereira prétend d'après Antonio Tabucchi, Narcisse de Jean-Jacques Rousseau, Le Cabaret, petit théâtre masculin-féminin, Le Colonel-oiseau de Hristo Boytchev, Feydeau Terminus d’après Georges Feydeau, L'École des femmes de Molière, Chère Éléna Serguéiévna de Ludmilla Razoumovskaïa, Le Square de Marguerite Duras, avis aux intéressés de Daniel Keene, La Version de Browning de Terence Rattigan, Objet perdu d'après trois pièces courtes de Daniel Keene, May d’après un scénario d’Hanif Kureishi, La maman bohême suivi de Médée de Dario Fo et Franca Rame, Elle est là de Nathalie Sarraute, Conversations avec ma mère d’après un scénario de Santiago Carlos Oves, Aden Arabie de Paul Nizan, préface Jean-Paul Sartre et Les Fausses Confidences de Marivaux, et en préparation pour fin 2011 Un soir, une ville… de Daniel Keene.
Avec Jacques Nichet : La Savetière prodigieuse de Garcia Lorca, Le Triomphe de l’amour de Marivaux, Le Magicien prodigieux de Calderon, Domaine ventre de Serge Valletti, Marchands de caoutchouc de Hanokh Levin, Retour au désert de Bernard-Marie Koltès, Silence complice de Daniel Keene.
Avec Laurent Hatat : Dehors devant la porte de Wolfgang Borchert, Dissident, il va sans dire de Michel Vinaver, Nathan le sage de G. E. Lessing et La précaution inutile de Beaumarchais. Il a collaboré à la création du spectacle de Daniel Delabesse Les Ch’mins d’Couté et à La Conférence de Cintegabelle de Lydie Salvayre de Jean-Yves Lazennec.


Odile Sankara

Diplômée d’une licence de lettres à l’Université de Ouagadougou. Elle a rejoint la Compagnie Feeren à la fin 1990, où elle a éffectué ses premiers pas au théâtre sous la direction d’Amadou Bourou. Un vaste programme d’animation et de formation à l’activité théâtrale s’engage alors auprès des jeunes et des enfants. On peut noter aussi quelques grands moments de création : Adaptations de plusieurs contes du terroir, La boutique, Le Roi silure de et par Amadou Bourou ; OEdipe Roi, Pilade de Pasolini.
De 2002-2007 en résidence à la Scène Nationale de Belfort, Le Granit, où elle a travaillé et joué notamment dans Nous verrons bien, L’Appariteur, sous la direction de Jean Lambert-Wild et Benoît Lambert et la reprise en 2006 de Mue, première Mélopée spectacle créé en 2005 dans le cadre du festival d’Avignon de et par Jean Lambert-Wild.
Au théâtre du Peuple à Bussang en 2007, elle a joué dans Duvet-Moufles-Bonnet: un récit de montagne de et par Pierre Guillois. Toujours en 2007, elle a participé à la deuxième édition de Ecritures d’Afrique un projet de Culturesfrance et de la Comédie Française. Avec Théa Stabell, elle a joué le rôle de Taos dans Les coépouses de Fatima Gallaire.
À l’île de la Réunion au Théâtre Vollard, elle a participé au projet Millénium de et par Emmanuel Genvrin en 1992-93. Depuis 2004, elle travaille régulièrement avec Jean-Louis Martinelli au Théâtre des Amandiers. Elle a interprété le rôle de Médée en 2004-2005 en tournée en Afrique de l’ouest et à la Réunion et repris en 2008 à Naples. Poursuivant cette collaboration, elle a joué dans La République de Mek-Ouyes et Mitterrand Sankara de Jacques Jouet pour les saisons 2006-2008. Une reprise de Médée en 2009 aux Amandiers, Sarajévo et Madrid, la tournée internationale se poursuivra en 2010. En 2009, elle travaille, sous la direction de Jean Lambert-Wild à la création de Ro-Oua et le peuple des Rois, un récit inspiré de Joséphine la Cantatrice ou le peuple des souris de Kafka.
Elle a joué le rôle de Merteuil dans Quartett de Heiner Müller dans une mise en scène de Fargass Assandé en 2008-2009 puis récemment en septembre 2010 avec le même metteur en scène, Le roi se meurt de Ionesco. Membre fondatrice de l’Association Talents de Femmes, elle a initié le concours littéraire «Grazia Zermann» au profit des jeunes filles des lycées et collèges du Burkina. Elle a publié trois Nouvelles paru aux éditions Léonce Deprez.


Christophe Avril

Christophe Avril, marionnettiste, pour avoir travaillé trois années avec la compagnie Billenbois ainsi qu’avec la compagnie Coatimundi, devient acteur en participant à la mise en scène et à la scénographie de En attendant Godot de S. Beckett tout en interprétant le rôle de Vladimir en 1986. Cette pièce remporta le 1er prix du Concours de l’Agora au Théâtre National de la Criée de Marseille.
Comédien pour le Théâtre du Point Aveugle de 1989 à 2004 à Marseille, il interprète, sous la direction de François Michel Pesenti, bon nombres de rôles lors de ses créations françaises, - le Séjour en 1989, Helter Skelter en 1991, Conversation pièces : les gens sont formidables en 1993, Fin de Partie de S. Beckett en 1994- ou étrangères notamment en Suisse, à Zurich -Backroom en 1994, Das beste kommt noch en 1995-, en Ex-Yougoslavie à Zagreb en 1993, à Taïwan 1949, IF 6 WAS 9 en 1996 et au Japon, à Tokyo , Nous partirons quand la direction du vent sera stabilisée en 1999 et Noeuds de Neige en 2003.
Lors de cette même période, il part à la rencontre d’autres metteurs en scène tels que D. Bré, F. Dimech, M. Cipriani, A. Konrad pour ne citer qu’eux. Il participe également à la création de plusieurs spectacles au sein de la Compagnie de plasticien Ilotopie spécialisée dans l’intervention urbaine -Festival d’Avignon In : Chant d’expérience 1er : La tour en 1993, Cachots / Cachotteries en 2001, et Les habitants du lundi, L’année des 13 lunes en 2003.
Parallèlement, il collabore avec le Badaboum théâtre dirigé par L. Janner à Marseille en tant que scénographe, metteur en scène, marionnettiste ou encore interprète pour diverses créations « Jeune Public ». En mai 2005 Il joue dans le spectacle Ubu Roi d’Ezéquiel Garcia Romeu à l’auditorium du Musée d’Orsay, au Théâtre National de Nice, au Théâtre National de Marseille, à la Scène Nationale de Forbach et à la Scène Nationale de Dunkerque.
En 2007/2008 il joue dans Anagrammes pour Faust dans le rôle de Méphisto avec Hervé Pierre de la Comédie Française au Centre Dramatique National de Nancy, au Théâtre de la Commune, CDN d’Aubervilliers, au Théâtre de Bourg en Bresse et à la Scène Nationale de Sénart. En 2009/2010 il joue dans la jeune fille, le diable et le moulin, spectacle jeune public d’Olivier Py crée par le Théâtre du Fon du Loup.



Presse


LE MONDE

8 décembre 2011
Critique

Ronde de spectres shakespeariens
Le marionnettiste Ezéquiel Garcia-Romeu déploie à aubervilliers son théâtre exceptionnel

Précipitez-vous au Théâtre de la Commune, à Aubervilliers, où se joue ce banquet shakespeare qui est un vrai festin théâtral. Cela n'a rien d'étonnant, on le doit à Ezéquiel Garcia-Romeu, marionnettiste aussi profond que ses grands yeux noirs qui, depuis le milieu des années 1990, nous a régalé de merveilles comme la Méridienne , Aberrations du documentaliste ou Micromégas. Laissez-vous faire : vous entrez d'abord, un à un ou deux par deux, dans un long couloir noir au fond duquel brille une lanterne, et vous attend une jeune femme, passeuse vers un autre monde. Vous vous asseyez sur des banquettes rouges, disposées en rond autour d'un petit plateau de bois circulaire, incurvé vers le centre, comme un cratère.
Le noir se fait. C'est déjà magique, mais vous n'avez encore rien vu. Quand la lumière se rallume, elle découvre la comédienne Oodile Sankara, formidable griotte qui va vous conter la triste histoire de la mort des rois, telle que la déroule shakespeare au fil de ses "dark plays, ses tragédies noires qui étaient jouées le soir aux chandelles, et dressent, de Richard II a Macbeth en passant par Hamlet et Richard III, la chronique de la lutte pour le pouvoir en Angleterre, de la fin du 14ème siècle au dernières années du 15ème siècle. Mais ce qu'elle raconte autour de son petit théâtre rond coment l'était le Globe de Shakespeare, cette narratrice qui vous embarque immédiatement, avec sa drôlerie et sa poésie, c'est cette histoire telle que l'a vue un homme qui a changé le regard sur le génie élisabethain : le critique polonais Jan Kott (1914-2001), auteur du célèbrissime "Shakespeare, notre contemporain" (publié en 1962).
Rien d'intimidant là-dedans : le "grand mécanisme" meurtrier analysé par Jan Kott, qui lie indissolublement le crime et la couronne, est l'occasion pour le metteur en scène de déployer son théâtre d'apparitions et de disparitions. Dans le plateau de bois s'ouvrent des trappes, d'où surgissent des créatures étranges et délicates, qui suggèrent que l'homme est à peine sorti de sa glaise originelle - Ezéquiel Garcia-Romeu n'aime pas trop le terme de "marionnettes", il préfère celui de "spectre", qui va particulièrement bien à Shakespeare.

Muni d'un transistor

Alors les voilà , fragiles, dansants, les spectres des rois, des fous et des fossoyeur, les spectres des spectres eux-mêmes, accompagnés du petit cheval de bois de Richard III ("Un cheval ! Mon royaume pour un cheval !") et d'autres animaux fantasmagorique, araignée, taupe, gargouille. Voilà encore le spectre d'Hamlet, muni d'un transistor qui fait entendre (en anglais dans la magnifique interprétation de l'acteur britannique Nigel Terry) le célèbre monologue "to be or not to be" coment on l'a rarement entendu, résonnant dans la conscience... "Lorsque la politique est dépouillée de tout sentiment, elle devient elle-meme une immense folie", écrivait Jean Kott. "L'histoire a la forme d'un cauchemar", ajoutait de grand essayste polonais qui, pour avoir activement participé à l'histoire de son pays avant de s'exiler aux Etats-Unis en 1966, savait de quoi il parlait. Ezéquiel Garcia-Romeu donne à ce cauchemar une forme on ne peut plus captivante et sensible.
Fabienne Darge



LA TERRASSE

30 novembre 2011
Critique

Banquet Shakespeare

Richard III, Hamlet, Macbeth, Lear... S'inspirant de Shakespeare notre contemporain de Jan Kott, le metteur en scène et marionnettiste Ezéquiel Garcia-Romeu rejoue les tragédies noires de Shakespeare. un monde de souffles théâtraux et de troubles poétiques. Magnifique. Son visage passe du recueillement à des airs de malice, d'une expression de majesté a une forme de douce espièglerie, de sagesse rieuse. installée au bord du théâtre de marionnettes octogonal au sein duquel "Banquet Shakespeare" ouvrira bientôt les portes à un monde de théâtre d'une grande beauté, Odile Sankara regarde les spectateurs qui s'installent à ses côtés, tout autour du dispositif de jeu conçu par Ezéquiel Garcia-Romeu et David Pasquier. Elle nous adresse des sourires complices, fugaces, puis baisse de nouveau le regard, avant de prendre la parole pour revisiter - avec nous , les yeux dans les yeux - les tragédies noire de Shakespeare. Coryphée, conteuse-marionnettiste, comédienne-griot , Odile Sankara charrie avec elle toute la profondeur concrète, allègre de son afrique natale. Assis au plus près d'elle, plongés dans une atmosphère obscure et intime, nous sommes immédiatement happés par sa voix, son regard, sa diction, ainsi que par l'étrange présence des petites marionnettes qui, de-ci de-là, font leur apparition sans jamais prononcer un mot.

De la fureur au silence, du crime à la folie

Un squelette, un fossoyeur, un diable, un crapaud, une araignée, un clochard-roi... Ces présences muettes et énigmatiques sortent de toute sorte de trappes, naissent au monde pour quelques secondes, observent le public, regardent à gauche, à droite, effectuent de petits gestes, lentement, puis s'esquivent aussi rapidement qu'elles ont surgi. Venant ponctuer les pensées sur Shakespeare de l'universitaire polonais Jan Kott (1914-2001), elles font naître dans l'espace de ce "cabaret" des instants d'une grande poésie. Des instants au cours desquels le temps semble parfois se suspendre, se condenser. Ainsi, cette belle représentation chemine entre perspectives shakespeariennes et silences, sourires et saisisssements métaphysiques. Rejouant le parcours qui mène de la politique à la violence, du pouvoir à la folie, Ezéquiel Garcia-Romeu (aidé par Christophe Avril pour la manipulation des marionnettes) donne corps à un moment de théâtre, pour reprendre les derniers mots d'Odile Sankara, de "l'étoffe dont les rêves se font".
Manuel Piolat Soleymat



FIGAROSCOPE

7 décembre 2011

Banquet Shakespeare

Ezéquiel Garcia-Romeu est un artiste à part. Il pratique ce que l'on peut désigner comme un "théâtre d'objets" et de marionnettes. A chaque fois, il renouvelle son esthétique et met en scène des textes venus d'horizons très différents. Pour ce "Banquet", il est parti du texte de Jan Kott "Shakespeare, notre contemporain", en compagnie de Laurent Caillon. Avec Christophe Avril, il manipule avec délicatesse machinerie et objets, tandis que la belle Odile Sankara est le coryphée. On a le sentiment d'être au Globe et de voir naître les pièces du grand Shakespeare. Envoutant ét plein d'esprit !
A.H.