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La méridienne
Ezéquiel Garcia-Romeu
Théâtre de la Massue
Menu :: Vidéo :: Présentation :: Photos :: Email
La méridienne
Présentation
C'est à l'occasion de sa création en juillet 1995, au Musée Calvet d'Avignon, que ce spectacle a pris pour titre "La Méridienne", du nom de la salle du musée où il avait été placé.
Spectacle pour un spectateur et marionnette microscopique, racontant la fragilité de la pensée humaine face au temps qui passe, "La Méridienne" a été conçu dans un état d'esprit de complète observation.
A ce jour plus de 8000 spectateurs, et donc 8000 représentations...
Ce spectacle qui au début de sa création était un projet expérimental, tourne encore ; il a été vu au Berliner Festpiele, au Festival du Carrefour International à Québec, au festival de Pont à Mousson, au Festival d'Avignon, au CDN de Caen, au CDN de Nice ainsi que dans plusieurs Scènes Nationales en France.
"La Méridienne", ce spectacle secret, ressemble à un temple miniature. Il est isolé dans une pièce à part. Le spectateur, avant d'assister, seul, à la représentation, se retrouve autour d'une table où est offerte une collation. Lorsque chacun aura reçu sa part de représentation, il lui appartiendra, avant de s'en aller, de transformer en souvenir collectif ses impressions individuelles.
Face à l'unique spectateur, une lucarne; derrière la lucarne, le minuscule rideau de scène. Le montreur de marionnettes, invisible et calfeutré dans son théâtre, commence la narration d'une parabole muette dont le geste seul des poupées définit l'évolution du drame dans un temps et un espace que l'on pourrait dénommer sacré ou métaphysique: cette "miniature" semble parler et transmettre un message du fond des âges et agir au plus profond de l'esprit du spectateur, là où règnent silence et tranquillité réelle, loin du quotidien et de la vanité de ses agitations.
"La Méridienne" est l'assemblage étrange du lointain souvenir d'un théâtre aux personnages "totems", d'un théâtre d'opéra ayant perdu ses voix et ne gardant des corps que l'image. Ou encore le souvenir d'une icône qui reflèterait avec peine l'ultime lumière dans l'obscurité menaçante du temple.
Synopsis
Rideau
Premier temps:
Une étendue de sable.
Deuxième temps:
Surgissement d'un objet, on croit deviner une architecture; est- ce un temple...?
Troisième temps:
Derrière l'architecture présumée surgissement d'un homme...
Quatrième temps:
L'homme se met à écrire sur le toit du temple, le temple n'est qu'un pupitre... L'homme écrit, efface et recommence.
Il signe.
Cinquième temps:
Noir. Obscurité soudaine.
Une main puissante venue d'en haut tombe sur le sable, trace une écriture sur la surface. L'homme déchiffre.
Sixième temps:
Cette grande main qui pourrait être celle de Chronos, efface les caractères qu'elle a tracés, noyant dans le sable le bureau, l'homme et ses écritures.
Rideau
Historique des représentations
2009
Aubervilliers : Théâtre de la Commune, CDN
2007
Nancy : La Manufacture, CDN
Paris : Le Grand Parquet
2006
Combs la Ville : Scène Nationale
Gap : Scène Nationale, Chapelle des Pénitents
Lille : Maison Folies de Moulins
Sao Paulo, Brésil : Centre Culturel Français
Bourg en Bresse : Théâtre
Pont-à-Mousson : Festival La Mousson d'Eté
2005
Carros (06) : Forum Jacques Prévert
2004
Lille : Capitale Européenne de la Culture 2004, Maison Folie des Moulins
2003
Québec : Festival Carrefour International de Théâtre
Gand (Belgique): Festival de Théâtre
2002
Cannes : Festival International de Marionnettes
Evry : Théâtre de l'Agora, Scène Nationale de l'Essonne
2001
Pont à Mousson : Festival La Mousson d'Eté
Marne la Vallée- Noisiel : La Ferme du Buisson
Hérouville Saint-Clair : CDN, Direction Eric Lacascade
2000
Berlin - Festival Berliner Festspiele, Theaterwelten
Distribution
Mise en scène, Scénographie, Ecriture
Ezéquiel GARCIA-ROMEU
Manipulation
Ezéquiel GARCIA-ROMEU(En alternance : Pascale PINAMONTI)
Production
Compagnie Ezéquiel Garcia-Romeu - Théâtre de la Massue
Administration de production
Karinne MERAUD
Tél. : 06 11 71 57 06
Biographies
Ezéquiel Garcia-Romeu
Metteur en scène - Dramaturge - Scénographe
46 rue Bonaparte, 06300 Nice. Tél. 07 70 00 75 40
Email
Né en 1961 à Buenos - Aires
Nationalité française. Bilingue, français – espagnol. Langues parlées : italien. Notions d’anglais et portugais.
Directeur artistique de la compagnie Théâtre de la Massue, Compagnie conventionnée par la DRAC PACA. Soutenue par La Région et le Département des Alpes-Maritimes et la Ville de Nice.
Après des études de guitare classique au conservatoire de Nice, et un diplôme de fin d’études, Ezéquiel Garcia-Romeu crée en 1985 sa compagnie où il exercera ses premières expériences de création. En 1990 il se forme à la mise en scène avec Jean Pierre Vincent.
Après des études de guitare classique au conservatoire de Nice, et un diplôme de fin d’études, Ezéquiel Garcia-Romeu crée en 1985 sa compagnie où il exercera ses premières expériences de création. En 1990 il se forme à la mise en scène avec Jean Pierre Vincent.
Son identité artistique
Auteur de ses propres spectacles, Ezéquiel Garcia-Romeu participe activement à l’exploration de formes nouvelles, situées à la croisée de plusieurs disciplines, et à leur reconnaissance, par le monde du théâtre et ses institutions. Adaptation d’œuvres littéraires, rénovation des classiques et des contemporains, art de la marionnette, scénographie et nouvelles technologies…, aujourd’hui, ces tendances ont trouvé toute leur place dans l’univers du spectacle vivant.
Adaptation d’oeuvres littéraires, rénovation des classiques et des contemporains, art de la marionnette, scénographie et nouvelles technologies…, aujourd’hui, ces tendances ont trouvé toute leur place dans l’univers du spectacle vivant.
Opéra
De 1987 à 2007, il met en scène des opéras pour enfants, dans le cadre des rencontres de chorales pour enfants, projet d’une grande envergure pédagogique et artistique soutenue par le département des Alpes-Maritimes, l’orchestre de Cannes dirigée par Philippe Bender et Alain Joutard : Marcel Landowski, Angélique Ionatos, John Appelton, Daniel Mesguisch, partageront successivement un même espace de création avec ces enfants, mis en scène par Ezéquiel Garcia-Romeu.
Théâtre
En 1998 il coécrit et met en scène avec François Tomsu Aberrations du Documentaliste dont l’interprète est Jacques Fornier, spectacle au 760 représentations ; le succès qu’il rencontre au Festival In d’Avignon, lui fait parcourir le monde et la France. Suivent de nombreuses créations, Micromégas, Ubu Roi, La méridienne, Métamorphoses, Anagrammes pour Faust, Opium… éveillant intérêt et enthousiasme, affirmant le goût d’Ezéquiel Garcia-Romeu pour la rencontre avec le public, encourageant son esprit de recherche. Dès lors, ses spectacles sont programmés au Théâtre National de Chaillot, à l’Odéon, au Théâtre de la Commune, à l’Auditorium du Musée d’Orsay…
Dès lors, ses spectacles sont programmés au Théâtre National de Chaillot, à l’Odéon, au Théâtre de la Commune, à l’Auditorium du Musée d’Orsay…
En 2003, lauréat de la Villa Médicis Hors les Murs, il est invité à la Caserne d’Alousie de Robert Lepage pour créer un laboratoire d’art dramatique lié aux nouvelles technologies.
Son esthétique explore des auteurs comme Voltaire, Jarry, Baudelaire, Valéry, Pessoa et fidélise autour de ses projets des comédiens comme Hervé Pierre, Mouss, Christophe Avril, Jacques Fornier… Il mettra en scène à l’automne 2011, en création au Théâtre de la Commune à Aubervilliers, Banquet Shakespeare, texte d’après les tragédies de Shakespeare, organisé par Laurent Caillon.
Son esthétique explore des auteurs comme Voltaire, Jarry, Baudelaire, Valéry, Pessoa et fidélise autour de ses projets des comédiens comme Hervé Pierre, Mouss, Christophe Avril, Jacques Fornier…
Il mettra en scène à l’automne 2011, en création au Théâtre de la Commune à Aubervilliers, Banquet Shakespeare, texte d’après les tragédies de Shakespeare, organisé par Laurent Caillon.
Ezéquiel Garcia-Romeu à été metteur en scène associé au Théâtre Granit-scène nationale de Belfort (1999-2003), au Théâtre de la Manufacture-Centre Dramatique National de Nancy (2007-2009).
Il est actuellement artiste associé au Théâtre de la Commune, centre Dramatique National d’Aubervilliers.
Pascale Pinamonti
Marionnettiste
A la suite d'un cheminement artistique qui l'amène à pratiquer des expériences très diversifiées allant de la conception de décors, de costumes et de l'écriture de textes pour la jeunesse, Pascale Pinamonti réalise à partir de 1992, des spectacles de marionnettes pour le jeune public. Intéressée par cette période de l'enfance où le langage est encore en gestation, elle laisse place à un imaginaire sans contrainte, et elle élabore des thèmes touchant à l'universel. Depuis cette date, elle collabore avec d'autres compagnies à la réalisation de spectacles pour adultes et enfants. Elle participe à tous les spectacles d'Ezéquiel Garcia-Romeu pour la construction des marionnettes et la manipulation. Avec Ezéquiel Garcia-Romeu, elle créé Métamorphoses en 2006, un spectacle pour les touts petits.
Karinne Méraud
Administration
Karinne Méraud est administrateur du Grand Parquet depuis la création de ce nouveau lieu artistique et culturel à Paris, "Nouveaux Projets de la Ville de Paris".
Depuis 2000 elle est administrateur des compagnies "Ilotopie", "Footsbarn Travelling Théâtre", Redjep Mitrovitsa, François Michel Pesenti et Philippe Goyard, ainsi que de la Compagnie Ezéquiel Garcia-Romeu - Théâtre de la Massue, et également administratrice de production d'Ilka Schönbein pour " Mamans Fatales ".
Titulaire d'une Maîtrise de Création et Mise en Oeuvre de Projets Culturels à l'Université d'Aix-Marseille (" La création dramatique contemporaine : les tendances "), puis d'un DEA avec J.-F. Peyret (" Etude du rapport entre la transformation de la matière terre et le passage de la parole dans le corps de l'acteur ") et d'une Maîtrise d'Etudes Théâtrales (" Les enjeux du subventionnement du théâtre en France ") à l'Institut d'Etudes Théâtrales, Paris III, elle a été chargée d'administration et de production de 1993 à 2000 au Théâtre de l'Athénée - Théâtre Louis Jouvet et au Festival Paris Quartiers d'Eté (J. Jouanneau, Y. Duffas, Achille Tonic, M. Marquais, D. Mesguich, C. Stratz, N. Borgeaud, Y. Beaunesne, A. Milianti, Cie Castafiore, D. Larrieu, P. Caubère, K. Saporta, A. Arias, D. Mesguich, G. Tompa, J.-L. Lagarce, F. Berreur, P. Clevenot, A. Françon, M. Didym, M. Bozonnet, V. Novarina, J.-M. Villégier, P. Berling, O. Werner, S. Braunschweig, O. Werner, J. Rebotier).
Parallèlement à son activité d'administrateur, Karinne Méraud développe dans une démarche personnelle l'art de la sculpture et de la forge (travaux de sculpture et d'écriture sur l'approche d'une théorie artistique concernant le processus de création), elle créé et expose dans diverses galeries et espaces à Paris.
Ses travaux de théâtre l'ont également conduite récemment au montage de production des " Phèdres " de François Michel Pesenti à New York, Tokyo, Damas et Lljubljana ; au montage et suivi de la production et d'exploitation du spectacle " Roberto Zucco " mis en scène par Philippe Goyard au Nigéria (Lagos, Ibadan, Kiruna, Jos, Kano, Abuja, Port Harcourt, Ilorin), au suivi de la création de Valère Novarina " Le Jardin de Reconnaissance ". avec Agnès Sourdillon et Jean Quentin Châtelain, et de la reprise de " La Chair de l'Homme ".
Karinne Méraud a aussi été comédienne pour une pièce radiophonique de France Culture : " Pépites " d'Anita Van Belle, scénographe sur la création de Claude Esnault " la métamorphose " de Kafka et comédienne dans un atelier de théâtre en Arles suite à sa formation au Conservatoire d'Art Dramatique d'Agen.
Presse
LE MONDE
22 juillet 1995
CULTURE
Dans les murs splendides du Musée Calvet, un homme singulier,
Ezéquiel Garcia-Romeu, présente La Méridienne, Le spectacle le plus court (moins de cinq minutes) et le plus épatant du Festival se joue pour un spectateur à la fois.
La révélation d'Ezéquiel Garcia-Romeu
C'est le spectacle le plus court le plus singulier et peut-être le plus beau du Festival: La Méridienne dure moins de cinq minutes, se joue pour un spectateur à la fois, et laisse le souvenir d'un rêve. On se gardera de raconter
ce qui se passe dans le bref moment où le spectacle se déroule, pour la raison que chacun y est abandonné à sa fantaisie, mais rien n'empêche de dévoiler les prémisses de La Méridienne.
D'abord, il y a la fraîcheur délicieuse du Musée Calvet, ses salles blanches en cours de restauration, sa cour intérieure laissée à la solitude: un endroit de silence rassérénant. Une table accueille 1es spectateurs, joliment dressée, avec des fruits, des salades, de l'eau, du vin, des fleurs : c'est l'antichambre de la Méridienne, la halte dans le musée avant l'inconnu. Ezéquiel Garcia-Romeu, l'initiateur du spectacle, tient à ce moment où comme dans un sas, les visiteurs font délicieusement le vide en picorant.
De ses grands yeux noirs, Ezéquiel Garcia-Romeu veille sur chacun de ses invités. Il a trente-trois ans, habite Nice, et promène en Europe ses idées : guitariste devenu marionnettiste, il a jusqu'aujourd'hui mis en scène des opéras dont La Sorcière du placard aux balais, de Marcel Landowski, imaginé la scénographie de l'exposition " Horst, 60 ans de photographie ", peint des toiles pour une autre exposition : " Le San Diego, un trésor sous la mer ". Sa Méridienne arrive à Avignon après avoir flâné dans une cave et des appartements de Paris, une usine de Lille, le théâtre de Nice. Merci à Pierre Provoyeur, le conservateur du Musée Calvet qui, ayant vu le spectacle, aproposé de l'accueillir à son tour.
Et voilà le moment arrivé où Ezéquiel Garcia-Romeu vous invite à le suivre.
Vous traversez une salle vide où brillent de petites bougies posées sur le sol. Ezéquiel Garcia Romeu écarte un double rideau rouge. Vous pénétrez dans une alcôve. Une chaise vous attend. A un signe de votre hôte, vous vous as seyez, lui s'efface. Maintenant, votre regard plonge dans le noir d'un cadre: vous êtes face au " Marotoscope ". Ne cherchez pas le mot dans le dictionnaire, le Marotoscope n'existe pas, sinon tel qu'Ezéquiel Garcia-Romeu l'a inventé: une petite merveille pour jouer, pour rêver.
B. S.
INROCKUPTIBLES
A vos marques
Le plus grand mystère entoure La Méridienne, spectacle de quatre minutes pour un seul spectateur dirigé par Ezéquiel Garcia-Romeu. 240 secondes de rêve dont chacun garde jalousement le secret. Sans doute parce que l'auteur déjoue les règles habituelles de la représentation et démasque du même coup cette prétendue connivence entre l'artiste et son public. Créée à la Manufacture de Lille, reprise dans une cave parisienne, La Méridienne a pris ses quartiers d'été dans l'élégant musée Calvet, durant tout le Festival d'Avignon. Une allée peuplée de sculptures sagement immobiles, sous l'œil hilare d'un Faune debout carmant sa queue, oblique vers une salle haute, renfermant des trésors signés Bruegel, Di Bartolomeo...
Plus loin, un buffet est dressé: le spectateur est d'abord un convive, Ezéquiel Garcia-Romeu, un hôte attentif et chaleureux, que l'on rejoint bientôt vers son "Marotoscope", terme inventé de toutes pièces et désignant ce castelet minuscule qui s'intercale entre le spectateur et le meneur de jeu. Avant cela, on aura attendu dans une sorte d'antichambre, à la claire pénombre, que le visiteur précédent quitte la place. Invariablement, son sourire aura préparé à une grande douceur et creusé un peu plus la curiosité.
Mais qu'est-ce qui a bien pu pousser ce jeune metteur en scène - que l'on avait croisé à Nice au dernier carnaval, réglant la mise en scène d'un défilé chorégraphié par Accrorap et interprété par des jeunes des banlieues -, ce peintre, ce marionnettiste, ce scénographe habitué aux vastes espaces des opéras; oui, qu'est-ce qui a bien pu le pousser à officier ainsi dans l'ombre? "J'ai voulu rendre, à un spectateur à la fois, l'univers dans lequel on se trouve lorsque l'on créé. On se retrouve face à soi, dans des moments de grâce. Ce n'est pas toujours douloureux, ni forcément sulfureux. Ce spectacle est une miniature, un espace réduit aux proportions de notre univers mental qui renvoie le spectateur en lui-même. La narration et l'utilisation du temps qu'elle induit permettent à chacun d'intérioriser cet espace, en mélangeant le temps mythique et le temps réel. L'un ouvre sur l'infini, l'autre se réduit à quelques minutes. C'est en cela qu'on rejoint le phénomène de la création. Je ne crois pas qu'on créé spontanément, mais je pense que la combinaison des souvenirs, inconscients et anciens, qui peuplent notre mémoire, génère ce processus qu'on appelle création."
C'est inévitable: on songe aux pièces de Jerzy Grotowski, auteur du "Théâtre pauvre", réservées à une poignée de spectateurs, au "Théâtre de marionnettes" de Kleist. Ces références, bien sûr, ne sont pas étrangères à Ezéchiel, l'ange lumineux de ce théâtre rêvé. Mais finalement il ne considère pas ce Macotoscope comme l'instrument d'un spectacle. "Ce que vous avez vu tient plus de la sculpture ou de la peinture, car ce voyage à travers le temps se déroule dans une certaine immobilité."
Quoi qu'il en soit, La Méridienne, fulgurance comme un songe, s'imprime à jamais dans les anneaux de la mémoire.
Fabienne ARVER
LE MONDE
Edition Festival d'Avignon
Pour aller du plus long au plus court, il faut passer par les musées. Pas par les expositions, plutôt discrètes: le Théâtre Citoyen, Pasolini, Fassbinder. Par un musée: le Musée Calvet.
Ni ln ni Off, s'y passe un moment magique. Autre chose qu'un simple spectacle. Cinq minutes hors du temps, en tête à tête seul à seul avec une créature minuscule qui envahit l'univers, homoncule livide surgi de la nuit, né des mains d'un démiurge au sourire timide. Il porte un prénom de prophète: Ezéchiel. Il s'appelle Ezéquiel Garcia-Romeu.
Il offre un fragment d'ailleurs, fascinant, irracontable, inoubliable.
Colette GODARD
LE DEVOIR
23 mai 2002
6° carrefour international de la marionnette de Québec
La " redoute "
C'est à l'occasion des représentations données en juillet 1995 au musée Calvet à Avignon que ce spectacle a pris pour titre La Méridienne. On lui a simplement donné le nom de la salle du musée, où le Marotoscope a été placé. A Québec, le spectacle aurait pu être simplement rebaptisé "La Redoute" et porter le nom de l'endroit convivial et pétri d'histoire où on le joue. Quant au Marotoscope, je ne vous le décrirai pas. Le mot ne figure dans aucun dictionnaire. C'est dire assez la singularité de l'expérience théâtrale que propose Ezéquiel Garcia-Romeu.
D'ailleurs, certains auront peut-être entendu parler de la dernière visite de la Compagnie Ezéquiel Garcia Romeu à Québec. Il avait donné Aberrations du Documentaliste il y a deux ans. Autre miniature destinée à une trentaine de spectateurs, autre bijou où le temps et le contact avec celui qui assiste à la représentation sont magnifiés. Mais La Méridienne va encore plus loin dans la personnalisation du spectacle et dans le soin qui est apporté à la préparation
du spectateur. A peine quinze élus par représentation, à qui échoit le privilège d'un poème dramatique silencieux que chacun reçoit à tour de rôle.
Dès lors, tout est mis en place pour que le public apprécie à sa juste valeur le temps précieux qui lui est consacré. De son entrée dans la salle commune sont servis vin, fromage et fruits jusqu'à l'instant où l'on vient avec délicatesse lui murmurer ce qui l'attend, le guider jusqu'au seuil de la représentation et lui indiquer quand elle prendra fin. Vous aurez compris que le secret qui entoure le dévoilement contribue à faire de l'expérience un bien inestimable.
C'est une aventure étrange à laquelle chacun réagira à sa façon. Certains resteront muets e auront envie de rentrer vite chez eux, emportant bien caché le secret dans le plus intime d'eux-mêmes. D'autres voudront tout de suite partager ce que la minuscule merveille a produit en eux. Quelques-uns s'acharneront à raconter en se demandant jusqu'où ils peuvent aller sans priver leur semblable du moment unique au cours duquel une scène, si petite soit-elle, si courte soit-elle, ne s'adresse qu'à soi.
Hervé GUAY
LIBERATION
21 juillet 1995
Festival d'Avignon
Le théâtre, seul à seul
Il fait bon se glisser dans la fraîcheur toute climatisée du musée Calvet. Il est étonnant d'y trouver un retable dressée pour le déjeuner ou le goûter, au bout d'une salle où des tableaux et des sculptures trônent en majesté. Il est surprenant, dans la cohue du festival, de quitter la foule et de se retrouver seul, assis devant un marotoscope.
" Marotoscope ? C'est un mot que j'ai inventé ", confesse Ezéquiel Garcia-Romeu, auteur et interprète de " La Méridienne ", qui prend place dans une petite pièce octogonale du même nom.
Un marotoscope est un castelet pour spectateur unique, un théâtre miniature muni d'une lucarne devant laquelle vous êtes assis. La Méridienne est certainement le spectacle le plus court de tout le festival in et off compris. Il dure cinq minutes, tout au plus six, et se savoure en tête à tête avec une marionnette.
Mais ne vous y fiez pas. Le plaisir vient aussi du temps qui s'étire et s'allonge curieusement, du temps que l'on prend soudain pour marcher précautionneusement à l'approche du castelet, du temps pris par cette fine marionnette pour émerger de la poussière et tracer quelques mots sur son écritoire. Les perspectives sont bouleversées, on passe de l'infiniment petit à l'infiniment grand, on retient sa respiration de peur de briser la magie. " Le trajet est très important au théâtre, souligne Ezéchiel. Même pour un spectacle classique, le parcours doit être particulier. C'est un passage. Comme devrait l'être le lever du rideau, qui n'est vécu que comme une convention. "
Ezéquiel Garcia-Romeu a crée ce spectacle y a un an et demi et a été appelé à Avignon par le conservateur du musée Calvet. Pierre Provoyeur, afin de faire entrer un peu d'air frais dans ce musée en cours de rénovation et de réhabilitation. Ce n'est qu'en 1996 que la grande galerie rouvrira ses portes au premier étage, mais le rez-de-chaussée est désormais ouvert et présente une partie des riches collections. On ne pouvait trouver osmose plus parfaite que cette Méridienne fragile et délicate et ce musée en cours de renaissance.
" J'ai eu l'idée du marotoscope dans mon atelier, raconte Ezéchiel. Un jour j'ai été fasciné par une poupée que j'avais construite et j'avais cette sensation très forte de découvrir seul cette marionnette. J'ai alors voulu recréer cette sensation.
D'origine argentine, Ezéchiel est arrivé en France à l'âge de huit ans. Il a d'abord été au conservatoire de musique de Nice où il appris la guitare classique. Il s'est ensuite intéressé aux marionnettes, puis a bifurqué vers le théâtre, autant la scénographie que la mise en scène, et, plus récemment, il s'est lancé dans l'opéra.
" Avec mes marionnettes, je suis fibre de faire ou de ne pas faire un spectacle, précise-t-il. C'est une part particulière de mon travail... "
A Avignon, il partage sa manipulation avec Philippe Chef, un comédien installé dans la région, qui sait aussi bien tirer un feu d'artifice que monter une pièce de Michel Vinaver. A eux deux, ils accueillent le public, curieux et ravi de cet impromptu.
C. J.
The meridian
Presentation
It's in July 1995, upon the creation of the play at the Calvet Museum in
Avignon, that we came up with The Meridian as a title for it, from the name
of the room in the museum it had been placed in.
The show, conceived for one single spectator and tiny puppet, tells about
the fragility of human thought facing up to the time passing by.
The Meridian, has been imagined in a frame of mind of deep observation.
To this day, more than 8 000 spectators, in other words, more than 8 000 performances…
The play, which was, at the moment of its creation, quite experimental,
is still now touring extensively. It had been showed for the Berliner
Festspiele, the Festival of Carrefour International in Quebec, the Festival
of Pont-à-Mousson, the Festival of Avignon, at the CDN (National Dramatic Center) of Caen, the CDN of Nice and several others National Stages in
France.
The Meridian, as a secret play, looks like a miniature temple. It's isolated
in a separate room. Spectator, before to attend, alone, the performance, is invited to seat (with the others, waiting their turn) around a table where he's treated to a light meal. Then, when everyone has got his own share of performance, it's for him to transform his own individual feelings into collective memory.
Facing the only spectator, a skylight. Behind this narrow window, the tiny curtain. Invisible and shut up in his theatre, the puppeteer starts telling a silent parable. Only the gestures of his puppets describe the development of the drama, in a space and time we could call sacred or metaphysical. This "miniature" seems to speak and pass on a message from down through the ages, seems to affect spectators in the depth of their mind, where there is nothing but silence and real serenity, far from everyday vanity and restlessness.
The Meridian strangely gathers the remote memories of a theatre staging "totem" characters, an opera theatre which would have lost its voices, treasuring only images. Or the memory of an icon which would reflect with difficulty the ultimate light in the threatening darkness of the temple.
Synopsis
Curtain
First step:
A stretch of sand.
Second step:
An object looming up. We could say it's an architecture, maybe a temple...
Third step:
From behind the supposed architecture looms up a man...
Fourth step:
The man starts writing on the roof of the temple, the temple is just a desk...
The man writes, wipes off, starts writing again. He signs.
Fifth step:
Blackout. Sudden darkness.
A powerful hand coming from the air falls on the sand and writes something on the surface. Man deciphers.
Sixth step:
This big hand, which could be Chronos's, wipes off the letters it has written, drowning in sand desk, man and writing.
Curtain
Chronological list of performances
2009
Aubervilliers : Théâtre de la Commune, CDN
2007
Nancy : La Manufacture, CDN
Paris : Le Grand Parquet
2006
Combs la Ville : Scène Nationale
Gap : Scène Nationale, Chapelle des Pénitents
Lille : Maison Folies de Moulins
Sao Paulo, Brésil : Centre Culturel Français
Bourg en Bresse : Théâtre
Pont-à-Mousson : Festival La Mousson d'Eté
2005
Carros (06) : Forum Jacques Prévert
2004
Lille : Capitale Européenne de la Culture 2004, Maison Folie des Moulins
2003
Québec : Festival Carrefour International de Théâtre
Gand (Belgique): Festival de Théâtre
2002
Cannes : Festival International de Marionnettes
Evry : Théâtre de l'Agora, Scène Nationale de l'Essonne
2001
Pont à Mousson : Festival La Mousson d'Eté
Marne la Vallée- Noisiel : La Ferme du Buisson
Hérouville Saint-Clair : CDN, Direction Eric Lacascade
2000
Berlin - Festival Berliner Festspiele, Theaterwelten
Cast and credits
Direction and stage design
Ezéquiel GARCIA-ROMEU
Manipulation
Ezéquiel GARCIA-ROMEU(Alternating with : Pascale PINAMONTI)
Production
Théâtre de la Massue
Production manager
Karinne MERAUD
Tél. : +33 6 11 71 57 06
Biographies
Ezéquiel Garcia-Romeu
Director, stage designer and playwright
Ezéquiel Garcia-Romeu was born in Buenos Aires in 1961. Having finished studying classical guitar at the Conservatoire in Nice, he decided to elaborate puppet creations for an adult audience. With a constant success, he participated in various puppet festivals until 1988. In order to improve his abilities as a stage director and playwright, he studied direction and dramatic art with Jean-Pierre Vincent and Marc-Vincent Howlett. Then Ezéquiel Garcia-Romeu produced two operas: Master Peter's Puppet Show by Manuel de Falla with the orchestra Cannes-PACA conducted by Philippe Bender, and Dido and Aeneas by Henry Purcell, Alex de Valera conducting. He conceived film and TV sets as well as, for the Fashion Museum in Louvre's Pavillon de Marsan, the stage design of the exhibition Horst, 60 years of Photography.
Recently back to stage direction, he put on, for the Spanish company ETC, a general audience puppet play which toured throughout Europe, Iran and Latin America. He also directed and designed the set of Marcel Landowski's opera The Witch in the Broom Cupboard (La Sorcière du Placard à Balais) with the Cannes-PACA orchestra, Alain Joutard conducting.
During the Avignon Festival 1995 he got a great success at the Musée Calvet with The Meridian (La Méridienne), a 5 minutes performance for a single spectator. Colette Godard, in the Festival's Album, recalled it that way: " The Musée Calvet, neither in nor off festival, was the scene of a moment of pure magic. Not just a simple theatrical production but five minutes in a different age, alone together with a tiny creature overrunning the universe, a pallid homunculus looming up out of the night, grown of the hands of a timidly smiling demiurge, who bears the name of a prophet: Ezekiel. (His full name is Ezéquiel Garcia-Romeu). We were offered fragments of a distant world, fascinating, beyond words, unforgettable."
In 1998, together with François Tomsu, he wrote and directed Aberrations of an Archivist, acting Jacques Fornier. Then He became "artiste associé" (associate artist) at the Théâtre Granit Scène Nationale in Belfort. In January 2003 he created Micromagas, adapted from the tale by Voltaire and prepared for a "residence" at the Maison Folie des Moulins in Lille-Capitale Culturelle. For the 2004-2005 season, he put up a testing laboratory for new technologies, with the support of Laval University in Quebec and Robert Lepage's company. A laureate of the Villa Medicis "Out of the Walls", Ezéchiel Garcia-Romeu presented his last creations in many Dramatic Centres and National Stages in France: at La Cabane de l'Odeon, in the Festival d'Avignon official programme, at the Théatre National de Chaillot, and abroad: Festival of Gent, in Belgium, Mostra of Barcelona, and, with the support of the AFAA, Berliner Festspiele, Carrefour International du Théâtre in Quebec, International Theatre Festival of Modena and Udine, Dublin Festival.
In may 2005 he created Ubu Roi by Alfred Jarry at the Musée d'Orsay Auditorium, with a music by Claude Terrasse. In 2006 he created Metamorphoses, a play for very young spectators, as well as A Scriptographer at the Maison Folie in Lille and in 2007 he presented at the National Stage in Befort a version for actor of A Scriptographer, adapted from the Marine Ode by Pessoa. In 2007 Ezéchiel Garcia-Romeu became associate artist at the Nancy CDN.
Pascale Pinamonti
Puppeteer
Along an artistic career path of great variety, Pascale Pinamonti was brought to many experiences, from set and costume design to writing for the youth. In 1992 she started producing puppet plays for a young audience. Interested in this period of the early childhood, where language is still "gestating", she made way for an uninhibited imagination and developed themes of universal concern. She works since that time with other companies on productions for adult or young audience, and contributes to all Ezéchiel Garcia-Romeu's productions as a puppeteer and manipulator. In 2006 she created with him a play for the very young, Metamorphoses.
Karinne Méraud
Management
Karinne Méraud manages the Théâtre du Grand Parquet since this new artistic and cultural place was created in Paris (City of Paris's New Projects).
Since 2000 she is manager of the following companies: Ilotopie, Footsbarns Travelling Theatre, Redjep Mitrovitsa's company, François Michel Pesenti's and Philippe Goyard's as well as Ezéchiel Garcia-Romeu's company-Théâtre de la Massue, and she is production manager for Mamans Fatales.
At the University of Aix-Marseille, she got a master's in creation and implementation of cultural projects (Contemporary Dramatic Creation: Orientations), then a DEA (Advanced Studies Degree) with J. F. Peyret ( Study of the connection between the transformation of clay and the passing of voice through the actor's body), and another master's degree in theatre studies at the Theatre Studies Institute-Paris III (Subsidizing as a major challenge for French theatre).
Between 1993 and 2000 she was production manager at the Théâtre de l'Athénée-Théâtre Louis Jouvet and for the Festival Paris Quartiers d'Eté (J. Jouanneau, Y. Duffas, Achille Tonic, M. Marquais, D. Mesguich, C. Stratz, N. Borgeaud, Y. Beaunesne, A. Milianti, Company Castafiore, D.Larrieu. P. Caubère, K. Saporta, A. Arias, D. Mesguich, G. Tompa, J.-L. Lagarce, F. Berreur, P. Clevenot, A. Françon, M. Didym, M. Bozonnet, V. Novarina, J.-M. Villégier, P. Berling, O. Werner, S. Braunschweig, O. Werner, J. Rebotier. At the same time as her managing activity, she developed personal ways of approaching arts of sculpture and forging (sculpture and writing works on an artistic theory of the creative process). She creates and is among the exhibitors in various rooms and galleries in Paris.
Recently, her theatrical work involved also the production arrangement of Phedresdirected by François Michel Pesenti in New-York, Tokyo, Damascus and Ljubljana, as well as the production arrangement and exploitation of the play Roberto Zucco directed by Philippe Goyard in Nigeria (Lagos, Ibadan, Kiruna, Jos, Kano, Abuja, Port Harcourt, Ilorin). She followed the creation of Valère Novarina's Jardin de Reconnaissance, with Agnès Sourdillon and Jean Quentin Châtelain, as well as the revival of La Chair de l'Homme.
Karinne Méraud was also as an actress in a France Culture radio play Pépites by Anita Van Belle, as a stage designer in Claude Esnault's creation adapted from The Metamorphosis by Kafka, as an actress again in a theatre workshop in Arles, following her drama academy training in Agen.
Press pack
LE MONDE
22 july 1995
CULTURE
In the magnificent building of the Calvet Museum, a singular man,
Ezéchiel Garcia-Romeu presents The Meridian, the shortest (it lasts less than 5 minutes) and most splendid event of the festival, performed for one person at a time.
Revelation of Ezéchiel Garcia-Romeu
Revelation of Ezéchiel Garcia-Romeu
It's the shortest, oddest and probably the most beautiful show of the festival: The Meridian, lasting less than 5 minutes and performed for one person at a time, leaves us with memories of a dream.
Let's try not to tell what's happening during this brief instant of theatre, and leave spectators give free rein to
their own imagination.
But we could reveal the premises of The Meridian:
Spectators are treated to a well set out buffet, with fruit, salads, wine and flowers: It's the anteroom of The Meridian, the pause in the museum before to enter the great Unknown.
Ezéchiel Garcia-Romeu, initiator of the show, values this moment when visitors, like in an antechamber, delightfully empty their
mind while picking about. With his large black eyes, he looks after each of
them. [...]
Then here is the moment Ezéchiel Garcia-Romeu invites us to follow him. You cross an empty room, where candles are glimmering on the floor.
Ezéchiel opens a double red curtain and you enter the alcove where a chair is waiting for you. Then your host beckons to you to seat down, steps aside and disappears.
Now your eyes dive into the darkness of a frame: You are facing the "Marotoscope", [...]
a little wonder
Ezéchiel Garcia-Romeu has invented to play, to dream...
B. S.
INROCKUPTIBLES
On your marks
The Meridian, a 4 minutes show conceived by Ezéchiel Garcia-Romeu for one single spectator, is cloaked in mystery. 240 seconds of pure dream, everyone keeps jealously secret. Probably because the director evades the usual rules of representation and so un-masks the so-called connivance between artist and audience.
Created at the Manufacture in Lille, and revived in a Parisian cellar, The Meridian makes its summer quarters in elegant Musée Calvet, during all
the Avignon Festival. [...]
Near the entry, a buffet is set out: First, spectator is considered to be a guest, and Ezéchiel Garcia-Romeu is a watchful and cordial host. Soon we join him towards his "Marotoscope", a completely invented word referring to this tiny puppet theatre which fits in between spectators and play maker.
Before, we had been waiting in a kind of half-lighted anteroom, until the previous spectator would have left the place. Invariably, his smile has prepared us for a rare gentleness and aroused a little bit more our curiosity.
But what could have driven this young director, [...] this painter, puppeteer and set designer, used to huge lyrical stages, to work that way in the shade?
"I meant to render for one spectator at a time the universe we are in when creating. We end up facing ourselves, at exceptional moments. It's not always a painful experience nor a fiendish one! This show is a miniature, a space reduced to the dimensions of our mental universe, bringing spectators back to their
inner selves.
The narration and the use of time it induces enables each one to internalize this space, mixing mythical time and real time. The first one opens onto infinity, the second one amounts to no more than few minutes.
And that way we get back to the creative process: I don't believe we create spontaneously, but I think it's the combination of all the ancient and unconscious recollections filling our memory which generates the process called creation."
Inevitably, we think of the play by Jerzy Grotowski, which are imagined for just a handful of spectators and of the Puppet Theatre by Kleist. These references, of course, are not unfamiliar to Ezéchiel Garcia-Romeu, the radiant angel of this theatre of dream.
But, finally, he doesn't regard his "Marotoscope" as a theatrical instrument: "All you have seen rather takes after sculpture or painting, for this journey throughout time is a quite immobile journey!"
However that may be, The Meridian, as brilliant as a dream, remains printed forever in the recesses of our memory.
Fabienne ARVER
LE MONDE
Edition Festival d'Avignon
" The Musée Calvet, neither in nor off festival, was the scene of a moment
of pure magic.
Not just a simple theatrical production but five minutes in a different age, alone together with a tiny creature overrunning the universe, a pallid homunculus looming up out of the night, grown of the hands of a
timidly smiling demiurge, who bears the name of a prophet: Ezekiel. (His full name is Ezéchiel Garcia-Romeu).
We were offered fragments of a distant world, fascinating, beyond words, unforgettable."
Colette GODARD
THE TIMES ARTS
Thursday, january 16, 1997
Blink and you miss it: the Mime Festival serves up a show lasting just five minutes
Briefencounter
The London International Mime Festival brings many curiosities our way. I cherish the evening I sat in a striped pavilion erected within the ICA, put on the silver wig that identified me as Haydn and read some words in praise of Mozart, who played us a little light music before handing round cups of chocolate. But inside that pavilion there were about 30 of us. At the BAC, the performance by young Frenchman Ezéquiel Garcia-Romeu takes place within a tent only large enough for one person at a time, and it lasts five minutes.
Was that five minutes you said, Mr Kingston? From the moment his audience of one begins staring into a miniature theatre to the moment when its black curtain falls again, yes, "cinq minutes". What we see there is Mr Garcia-Romeu's hands, one of which articulates a glove puppet, though calling this elaborately carved item a puppet is akin to saying that Michelangelo's David and Tracy's garden gnome are both statues. A ghostly figure, on whose tiny face a lifetime's sorrows seem to be etched, takes his place at a table, dips his quill, writes, discards. The gestures of discontent are exquisitety life like and what happens would have appealed to Samuel Beckett, master of the bleakly brief effect.
The experience is so pure that the dross of life seems bIown away. As for Marot: a poet of that name wrote the first French sonnet 500 years ago, so perhaps it is he we have glimpsed, trying to write the second.
Jeremy KINGSTON















