Micromégas
Présentation
La mise en scène de cette farce philosophique de Voltaire a lieu autour d'un plateau nu. Deux acteurs, Jacques Fornier et Mouss, se partagent le récit
et la scène : Micromégas, raconté par un maître bonimenteur en philosophie,
et son disciple, servile et maladroit.
Diverses techniques de la représentation théâtrale se mélangent ; à portée
de main, l'univers nous est offert comme sur un plateau de prestidigitation: trappes et chausse-trappes, emboîtements d'une galaxie dans une pomme.
Ici chaque élément dramatique est comme l'engrenage d'une montre, hausse
le détail jusqu'au degré primordial du vide, devant lequel l'artiste n'a pas de place pour paraître ; seuls existent au premier plan la perfection des mouvements des personnages en bois et le drame lui-même, de cette
humanité égarée dans son orgueil.
Le spectacle Micromégas a été créé en janvier 2003 au Théâtre Granit,
Scène Nationale de Belfort.
Historique des représentations
2004
Paris : Théâtre National de ChaillotForbach : Scène Nationale
Châlons-en-Champagne : Théâtre du Muselet, Scène Nationale
Verdun : Théâtre, Transversales
2003
Belfort : Création au Théâtre Granit, Scène NationaleFécamp : Scène Nationale
Mont Saint Aignan : Maison de l'Université
Sénart : La Coupole, Scène Nationale
Evry : Théâtre de l'Agora, Scène Nationale de l'Essonne
Besançon : Théâtre de l'Espace, Scène Nationale
Béthoncourt : L'Arche, Scène Conventionnée
Coproduction
Compagnie Ezéquiel Garcia-Romeu - Théâtre de la MassueCompagnie conventionnée par la Drac PACA, la Région PACA,
Conseil Général des Alpes Maritimes et Ville de Nice
Le Granit, Scène Nationale de Belfort
La Coupole, Scène Nationale de Sénart
L'Arche, Scène conventionnée pour l'enfance et la jeunesse
Théâtre de l'Agora, Scène Nationale d'Evry et de l'Essonne
Région Haute-Normandie - Théâtre en Région
Théâtre de l'Espace - Scène Nationale de Besançon
Avec la participation
de la Direction Régionale des Affaires CulturellesProvence Alpes Côte d'Azur ;
L'Office Régional à la Culture de la Région Provence Alpes Côte d'Azur
et du Conseil Général des Alpes-Maritimes.
Remerciements
Centre Chorégraphique National de BelfortThéâtre Jeune Public de Strasbourg
Lycée Viette Audiovisuel de Montbéliard
Contact production
Karinne MERAUD
Tél. : 06 11 71 57 06
Distribution
Mise en scène
Ezéquiel GARCIA-ROMEUAdaptation
Pascale Pinamonti et Ezéquiel Garcia-RomeuAvec
Le maître
Jacques FornierLe disciple
MoussManipulation
Pascale Pinamonti et Ezéquiel Garcia RomeuEn alternance : François Tomsu
Scénographie
Ezéquiel Garcia-Romeu et François TomsuLumières
Marie-Christine ScagliaCostumes
François TomsuVidéo
Frédéric Maire et Olivier GillonMusique
Daniel Teruggi et Jimi HendrixConstruction décor et marionnettes
François Tomsu, Ezéquiel Garcia-Romeu, Pascale Pinamonti,Stéphane Jankowski, Benoît Roland et Olivier de Logivière
Régie générale
Frédéric MaireBiographies
Ezéquiel Garcia-Romeu
Metteur en scène - Dramaturge - Scénographe
46 rue Bonaparte, 06300 Nice. Tél. 07 70 00 75 40
Email
Né en 1961 à Buenos - Aires
Nationalité française. Bilingue, français – espagnol. Langues parlées : italien. Notions d’anglais et portugais.
Directeur artistique de la compagnie Théâtre de la Massue, Compagnie conventionnée par la DRAC PACA. Soutenue par La Région et le Département des Alpes-Maritimes et la Ville de Nice.
Après des études de guitare classique au conservatoire de Nice, et un diplôme de fin d’études, Ezéquiel Garcia-Romeu crée en 1985 sa compagnie où il exercera ses premières expériences de création. En 1990 il se forme à la mise en scène avec Jean Pierre Vincent.
Après des études de guitare classique au conservatoire de Nice, et un diplôme de fin d’études, Ezéquiel Garcia-Romeu crée en 1985 sa compagnie où il exercera ses premières expériences de création. En 1990 il se forme à la mise en scène avec Jean Pierre Vincent.
Son identité artistique
Auteur de ses propres spectacles, Ezéquiel Garcia-Romeu participe activement à l’exploration de formes nouvelles, situées à la croisée de plusieurs disciplines, et à leur reconnaissance, par le monde du théâtre et ses institutions. Adaptation d’œuvres littéraires, rénovation des classiques et des contemporains, art de la marionnette, scénographie et nouvelles technologies…, aujourd’hui, ces tendances ont trouvé toute leur place dans l’univers du spectacle vivant.
Adaptation d’oeuvres littéraires, rénovation des classiques et des contemporains, art de la marionnette, scénographie et nouvelles technologies…, aujourd’hui, ces tendances ont trouvé toute leur place dans l’univers du spectacle vivant.
Opéra
De 1987 à 2007, il met en scène des opéras pour enfants, dans le cadre des rencontres de chorales pour enfants, projet d’une grande envergure pédagogique et artistique soutenue par le département des Alpes-Maritimes, l’orchestre de Cannes dirigée par Philippe Bender et Alain Joutard : Marcel Landowski, Angélique Ionatos, John Appelton, Daniel Mesguisch, partageront successivement un même espace de création avec ces enfants, mis en scène par Ezéquiel Garcia-Romeu.
Théâtre
En 1998 il coécrit et met en scène avec François Tomsu Aberrations du Documentaliste dont l’interprète est Jacques Fornier, spectacle au 760 représentations ; le succès qu’il rencontre au Festival In d’Avignon, lui fait parcourir le monde et la France. Suivent de nombreuses créations, Micromégas, Ubu Roi, La méridienne, Métamorphoses, Anagrammes pour Faust, Opium… éveillant intérêt et enthousiasme, affirmant le goût d’Ezéquiel Garcia-Romeu pour la rencontre avec le public, encourageant son esprit de recherche. Dès lors, ses spectacles sont programmés au Théâtre National de Chaillot, à l’Odéon, au Théâtre de la Commune, à l’Auditorium du Musée d’Orsay…
Dès lors, ses spectacles sont programmés au Théâtre National de Chaillot, à l’Odéon, au Théâtre de la Commune, à l’Auditorium du Musée d’Orsay…
En 2003, lauréat de la Villa Médicis Hors les Murs, il est invité à la Caserne d’Alousie de Robert Lepage pour créer un laboratoire d’art dramatique lié aux nouvelles technologies.
Son esthétique explore des auteurs comme Voltaire, Jarry, Baudelaire, Valéry, Pessoa et fidélise autour de ses projets des comédiens comme Hervé Pierre, Mouss, Christophe Avril, Jacques Fornier… Il mettra en scène à l’automne 2011, en création au Théâtre de la Commune à Aubervilliers, Banquet Shakespeare, texte d’après les tragédies de Shakespeare, organisé par Laurent Caillon.
Son esthétique explore des auteurs comme Voltaire, Jarry, Baudelaire, Valéry, Pessoa et fidélise autour de ses projets des comédiens comme Hervé Pierre, Mouss, Christophe Avril, Jacques Fornier…
Il mettra en scène à l’automne 2011, en création au Théâtre de la Commune à Aubervilliers, Banquet Shakespeare, texte d’après les tragédies de Shakespeare, organisé par Laurent Caillon.
Ezéquiel Garcia-Romeu à été metteur en scène associé au Théâtre Granit-scène nationale de Belfort (1999-2003), au Théâtre de la Manufacture-Centre Dramatique National de Nancy (2007-2009).
Il est actuellement artiste associé au Théâtre de la Commune, centre Dramatique National d’Aubervilliers.
François Tomsu
Scénographie - Costumes
François Tomsu suit des études de peinture à l'école des Beaux Arts de Besançon. Très tôt, il préfère à la toile de l'artiste le cadre de la scène comme terrain d'aventures, et c'est dans cet espace à trois dimensions que formes et couleurs donnent naissance à ses premiers costumes. Les rencontres déterminantes avec des metteurs en scène ou chorégraphes, parmi lesquels Jean-Luc Lagarce, Jacques Fornier, Denis Llorca ou Andy Degroat, confirmeront chez lui ce désir de concevoir pour la scène.
Par la suite il développera plus largement à travers la scénographie et la dramaturgie son langage visuel, dans un questionnement constant de l'image et de la représentation. L'espace devient alors ce lieu d'exploration où personnages, décors, costumes, objets insolites et constructions sommaires, composent de véritables "tableaux vivants".
François Tomsu participa à de nombreuses créations lyriques avec l'Ensemble Justiniana - Charlotte Nessi, de danse urbaine avec la Compagnie Accrorap et de théâtre avec notamment The Blackmoon Theatre Compagny - René Migliaccio aux Etats-Unis... Il travaille régulièrement avec la Compagnie Conduite Intérieure - Christian Chessa (théâtre) à Nîmes.
Il écrit et réalise en 1998 avec Ezéquiel Garcia-Romeu "Aberrations du Documentaliste". Après plusieurs centaines de représentations, ce spectacle qui avait connu un vif succès lors de sa programmation au Festival in d'Avignon en 1999, prolonge sa tournée en France et dans le monde...
Parallèlement il se forme à l'infographie 3D, en apprenant le maniement d'outils de modélisation et d'animation d'images de synthèse, ainsi qu'à la communication par le web.
Il créé en 2010 l'agence image-virtuelle.com, où il conçoit et réalise de nombreux sites internet.
Jacques Fornier
Comédien
Comédien et metteur en scène à Paris, il s'installe en 1956 à la Montagne de Beaune (Bourgogne) et met en scène notamment les textes suivants: " La Mort Joyeuse " d' Evreinov, " L'Ours " de Tchekhov, " Feu la mère de Madame " de Georges Feydeau, " Soledad " de Colette Audry, " Huis Clos " de Sartre.
En 1957, il met en scène avec sa compagnie (comptant onze comédiens) " Légataire Universel " de Regnard, puis en 1958 " Les Deux Ogres " de Guillaume Kergoulay. Entre 1959 et 1967, l'Etat apporte son soutien à l'action de onze Troupes Permanentes qui vont bénéficier quelques années plus tard du statut de Centre Dramatique National. C'est le cas de la Compagnie de Jacques Fornier à Beaune qui devient avec le Théâtre de Bourgogne en 1960, Troupe Permanente, appelée à devenir le C.D.N. de Bourgogne basé depuis 1980 à Dijon.
De 1958 à 1970, il mettra en scène Molière (Le Médecin malgré lui -1959, Le Mariage forcé -1960, Les Fourberies de Scapin -1961, L'Avare -1961, Le Médecin malgré lui -1970) ; Beaumarchais (Le Barbier de Séville -1959), Marivaux (La Fausse Suivante -1960), Musset (Barberine -1960) ; J.-M. Synge (La Fontaine aux Saints -1960) ; Shakespeare (Jules César -1962) ; René de Obaldia (Edouard et Agrippine -1963) ; Robert Pinget (La Manivelle -1964) ; Guy Foissy (L'Entreprise -1966) ; Emile Mazaud (La Folle Journée -1967) et Georges Feydeau (Mais n 'te promène donc pas toute nue 1969). Sous sa direction de jeunes metteurs en scène (Jorge Lavelli, Jean-Pierre Vincent, ...) créeront leurs premiers spectacles.
En 1971, Jacques Fornier, à qui Alain Mergnat succédera, quitte la Bourgogne et fait escale à Strasbourg pendant un an pour assurer la direction du Théâtre National de Strasbourg. Après 1972, il séjourne à l'étranger pendant de nombreuses années, puis revient en France pour s'installer à nouveau en Bourgogne.
En 1998, Jacques Fornier joue dans Aberrations du Documentaliste, spectacle co-écrit et mis en scène par Ezéchiel Garcia-Romeu et François Tomsu.
Pascale Pinamonti
Marionnettiste
A la suite d'un cheminement artistique qui l'amène à pratiquer des expériences très diversifiées allant de la conception de décors, de costumes et de l'écriture de textes pour la jeunesse, Pascale Pinamonti réalise à partir de 1992, des spectacles de marionnettes pour le jeune public. Intéressée par cette période de l'enfance où le langage est encore en gestation, elle laisse place à un imaginaire sans contrainte, et elle élabore des thèmes touchant à l'universel. Depuis cette date, elle collabore avec d'autres compagnies à la réalisation de spectacles pour adultes et enfants. Elle participe à tous les spectacles d'Ezéquiel Garcia-Romeu pour la construction des marionnettes et la manipulation. Avec Ezéquiel Garcia-Romeu, elle créé Métamorphoses en 2006, un spectacle pour les touts petits.
Mouss
Comédien
Mouss est né à Casablanca en 1959. Un jour de janvier, le p'tit Mouss poussé par le vent quitte son Maroc natal et échoue en 1964 avec parents, sœurs et bagages sur une plage de la banlieue parisienne. Après une scolarité "plus que normale" et officielle, il se destine tout d'abord à un parcours en lettres supérieures au Lycée Louis Legrand de Paris. Mais conseillé par son professeur de philosophie, il met le cap sur des études de droit. En 1983, il s'invite au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris, où il fait une rencontre déterminante en la personne de son professeur d'interprétation Michel Bouquet. Depuis il aura rencontré au gré des marais, Johnny Halliday, Michel Galabru, Jerry Lewis, Bernardo Bertolucci, Jacques Nichet, Jacques Fornier, Shakespeare, Marivaux, Molière, Koltès, Mrozek, Keene, Chouaki. Le milieu du show bizz devenant trop trépidant, il s'installe en 1996, avec femme et enfant en Bourgogne où il crée sa propre compagnie "La Ribambelle".
Frédéric Maire
Concepteur vidéo
Depuis quatorze ans, Frédéric Maire a acquis une expérience dans divers domaines de la vidéo : captation, diffusion, montage, effets spéciaux, vidéographie et animations, ainsi que dans les secteurs de la télévision, l'événementiel, le spectacle vivant.
Son sens de l'image, ses bonnes connaissances des équipements vidéo professionnels et son intérêt pour les systèmes interactifs temps réel " machines / scène ", l'ont conduit à participer aux créations d'Ezéquiel Garcia-Romeu.
En tant que régisseur lumière, il a une bonne connaissance du matériel d'éclairage scénique et de studio TV (lampes, projecteurs, consoles, machinerie…), installation et exploitation des équipements d'éclairages, habilitation électrique BRH1V, travail de préparation sur Wysiwyg (plans et simulation 3D), exploitation des projecteurs asservis. Egalement régisseur général, il organise et suit les projets, (sécurité ERP et ERT, gestion du personnel technique.)
Il a aussi réalisé plusieurs créations lumières pour le spectacle vivant, spécialisé dans la vidéo projection (décor - effets spéciaux).
Marie Christine Scaglia
Eclairagiste
Après diverses formations à Ecole du Carrousel du Louvre, au G.R.E.T.A. Ecole Boulle, au C.P.I de Lyon, à l'Institut supérieur des techniques du spectacle d'Avignon et à l'Ecole des beaux-arts, elle travaille avec Ezéquiel Garcia Romeu, "Le dernier voyage de Lapérouse", "Micromégas", " la lampe sur la terre " " Ubu Roi ". Elle participe en tant qu'éclairagiste aux journées du Conservatoire de Danse de Paris, section contemporaine au Théâtre des Abesses, et avec la Ville de Paris à la mise en valeur d'œuvres restaurées dans différentes églises de Paris. Elle travaille pour "le Musée du Cinéma" dans la "mole Antonelliana" à Turin. Elle est éclairagiste pour la création des concerts " Pierre henry chez lui ", au Centre Georges Pompidou, et pour la création du concert "Nara", festival Novelum de musiques nouvelles au Théâtre Garonne et elle est éclairagiste sur l
a création lumière pour l'exposition "Henri Langlois et Adriana Prolo " au musée du Cinéma à Turin.
Elles est également scénographe de l'exposition en hommage à Georges Wilson "travail de troupe" au Festival d'Avignon, pour la création de "Magdalena" (opéra), mise en scène Bella Czuppon, Cie Écume à l'Opéra de Montpellier, pour la création " Les contes drolatiques " et "la boite à Chaussure" (théâtre), mise
en scène Bella Czuppon.
Karinne Méraud
Administration
Karinne Méraud est administrateur du Grand Parquet depuis la création de ce nouveau lieu artistique et culturel à Paris, "Nouveaux Projets de la Ville de Paris".
Depuis 2000 elle est administrateur des compagnies "Ilotopie", "Footsbarn Travelling Théâtre", Redjep Mitrovitsa, François Michel Pesenti et Philippe Goyard, ainsi que de la Compagnie Ezéquiel Garcia-Romeu - Théâtre de la Massue, et également administratrice de production d'Ilka Schönbein pour " Mamans Fatales ".
Titulaire d'une Maîtrise de Création et Mise en Oeuvre de Projets Culturels à l'Université d'Aix-Marseille (" La création dramatique contemporaine : les tendances "), puis d'un DEA avec J.-F. Peyret (" Etude du rapport entre la transformation de la matière terre et le passage de la parole dans le corps de l'acteur ") et d'une Maîtrise d'Etudes Théâtrales (" Les enjeux du subventionnement du théâtre en France ") à l'Institut d'Etudes Théâtrales, Paris III, elle a été chargée d'administration et de production de 1993 à 2000 au Théâtre de l'Athénée - Théâtre Louis Jouvet et au Festival Paris Quartiers d'Eté (J. Jouanneau, Y. Duffas, Achille Tonic, M. Marquais, D. Mesguich, C. Stratz, N. Borgeaud, Y. Beaunesne, A. Milianti, Cie Castafiore, D. Larrieu, P. Caubère, K. Saporta, A. Arias, D. Mesguich, G. Tompa, J.-L. Lagarce, F. Berreur, P. Clevenot, A. Françon, M. Didym, M. Bozonnet, V. Novarina, J.-M. Villégier, P. Berling, O. Werner, S. Braunschweig, O. Werner, J. Rebotier).
Parallèlement à son activité d'administrateur, Karinne Méraud développe dans une démarche personnelle l'art de la sculpture et de la forge (travaux de sculpture et d'écriture sur l'approche d'une théorie artistique concernant le processus de création), elle créé et expose dans diverses galeries et espaces à Paris.
Ses travaux de théâtre l'ont également conduite récemment au montage de production des " Phèdres " de François Michel Pesenti à New York, Tokyo, Damas et Lljubljana ; au montage et suivi de la production et d'exploitation du spectacle " Roberto Zucco " mis en scène par Philippe Goyard au Nigéria (Lagos, Ibadan, Kiruna, Jos, Kano, Abuja, Port Harcourt, Ilorin), au suivi de la création de Valère Novarina " Le Jardin de Reconnaissance ". avec Agnès Sourdillon et Jean Quentin Châtelain, et de la reprise de " La Chair de l'Homme ".
Karinne Méraud a aussi été comédienne pour une pièce radiophonique de France Culture : " Pépites " d'Anita Van Belle, scénographe sur la création de Claude Esnault " la métamorphose " de Kafka et comédienne dans un atelier de théâtre en Arles suite à sa formation au Conservatoire d'Art Dramatique d'Agen.
Presse
LE FIGARO
26 janvier 2004
THÉÂTRE " Micromégas " d'après Voltaire
Grand et petit
Il y a un air d'Ezéquiel Garcia-Romeu que l'on reconnaît immédiatement,
un style qui lui est propre et qu'il développe sans jamais se répéter. Il y a un univers très délicat et très prégnant, une atmosphère, des humeurs. Il y a
du mystère toujours dans ses propositions que partagent des acteurs et des marionnettes, des poupées souvent minuscules qui imposent leur pouvoir énigmatique et donnent aux représentations un supplément d'étrangeté enivrant.
Après les "Aberrations du documentaliste", par exemple,
retrouvons Jacques Fornier, longue silhouette idéale pour suggérer quelque chose d'un esprit des Lumières. Saluons Mouss, plus rond, œil étonné.
L'un est 1e maître, l'autre le disciple. L'un sait, l'autre pose des questions.
Mais évidemment, ce n'est pas si simple... Ezéquiel Garcia-Romeu travaille d'abord le texte même de Voltaire et l'on devine que c'est en pensant aux acteurs, qu'il a conçu avec Pascale Pinamonti cette version théâtrale.
Ensuite apparaissent ceux que le metteur en scène nomme des "spectres"
et il est vrai qu'il y a dans leur conception quelque chose de fantomatique qui trouble et séduit à la fois.
Et puis, comme les acteurs et leurs partenaires, sont pris dans le même espace, petite scène qu'enveloppe le public du Studio, on hésite parfois. On se dit qu'eux non plus ne sont pas tout à fait réels. C'est ce qui fait la nature précieuse du spectacle. Inventivité, habileté des manipulateurs, dans les dessous de ce mini-plateau tout gris -Ezéchiel Garacia-Romeu lui-même et Pascale Pinamonti. Jeu magique avec l'illusion, le faux-semblant, la pénombre et la lumière. On n'est jamais certain d'avoir bien vu... On est pris dans une boîte magique, kiosque à musique ou cage à oiseaux fabuleux, boîte qui a à voir avec l'enfance -jusqu'aux limites mal définies du rêve heureux et du cauchemar. Trappes imperceptibles, voyage d'objets. Son. Voix qui se répondent. Et ici, les deux interprètes sont remarquables, Mouss avec ce qu'il y a de bon, d'offert en lui, Jacques Fornier avec la naturelle aristocratie d'un détenteur de sagesses profondes et la malice d'un prestidigitateur cosmique. Car Voltaire est là et sa leçon porte. On pourrait entendre Pangloss et Candide ou, pour aller du côté de l'ami Diderot, Jacques et son maître... mais c'est bien Micromégas, les géants et les minuscules humains de la planète bleue, des vers de terre qui s'agitent sous la voûte constellée et avouent nos angoisses. Etre, ne pas être. Cela a toujours été l'essentielle question du théâtre !
A.H.
LIBERATION
14 janvier 2004
Ezéquiel Garcia-Romeu adapte "Micromégas".
Voltaire du bout des doigts
Natif de Buenos Aires, vivant en France depuis longtemps, Ezéquiel Garcia- Romeu est devenu marionnettiste après des études musicales. Amoureux des petites formes, il n'a. de cesse de rétrécir le théâtre: chez lui, la scène n'est pas plus vaste qu'une table. Le succès rencontré par les Aberrations du Documentaliste, divertissement pour personnages et objets miniatures, qui accueillait vingt-cinq spectateurs au maximum dans une cage-bibliothèque, ne lui a pas donné la folie des grandeurs. Pour Micromégas, son nouveau spectacle créé au Théâtre Granit de Belfort et représenté à Chaillot, la jauge est tout
aussi restreinte.
Sa rencontre avec le texte de Voltaire était inscrite dans le ciel. D'abord parce que Micromégas a peut-être été écrit comme une pièce pour marionnettes, ou plutôt pour lanterne magique, destinée à divertir l'assistance durant les soirées d'hiver à Cirey, chez Emilie du Châtelet. Mais aussi parce que le sujet du conte philosophique recoupe les interrogations de Garcia-Romeu sur les rapports entre infime et universel, mesure et démesure, observation et illusion.
Appliqués à suivre une aventure se déroulant sur un espace de quelques centimètres carrés muni de trappes, les spectateurs se retrouvent exactement dans la situation du géant natif de Sirius tentant de scruter la Terre du haut de ses 40 kilomètres de taille, en compagnie d'un nain quatre fois plus petit rencontré sur Saturne. Deux acteurs, Jacques Fornier et Mouss, et une manipulatrice d'objets, Pascale Pinamonti, animent, tels des artisans horlogers, ce monde en miniature où les hommes ne sortent pas grandis de l'observation qui en est faite. Comme dit Micromégas: "Il ne faut juger de rien sur sa grandeur apparente."
René SOLIS
LE FIGARO
8 janvier 2004
Il met en scène "Micromégas" à Chaillot, avec deux comédiens et des marionnettes
Le petit monde d'Ezéquiel Garcia-Romeu
Dans Micromégas, le conte de Voltaire, il y a les géants et les Lilliputiens, les géants venus de Saturne et les Lilliputiens vissés sur Terre. Sur la scène du studio à Chaillot, les comédiens sont des titans face à de minuscules marionnettes qui sont autant de discrètes apparitions.
L'univers d'Ezéquiel Garcia-Romeu mêle délicatement les artifices, ce qui le
rend unique et reconnaissable. L'homme s'était fait connaître à Avignon avec
La Méridienne et Aberrations du Documentaliste, deux spectacles dans lesquels de petites créatures drapées servaient le fil du récit ou le jeu des comédiens. Ses marionnettes ont une grâce d'elfes sous l'apparence de fragiles poupées. Ezéquiel Garcia-Romeu récuse d'ailleurs, avec le sourire mais fermement, le terme de marionnettes : " Je ne créé pas un spectacle de marionnettes. Je fais une adaptation de Micromégas pour les comédiens, ponctuée d'apparitions.
Je préfère le terme de spectre à celui de marionnette. C'est un objet neutre, pur. Il acquiert le sens que lui donnent le manipulateur et le spectateur. On le regarde sans a priori, sauf peut-être un certain public qui le relie au Guignol qu'il a connu dans son enfance. Pour moi, c'est un objet mystérieux qui reste à découvrir."
La scène a été aménagée pour accueillir ce petit monde silencieux, En apparence, le plateau est nu. Les comédiens, Jacques Fornier, le maître, et Mouss, le disciple, surgissent d'une trappe sans s'en extirper entièrement et commencent à deviser. Le dialogue entre le bonimenteur détenteur du savoir
et son élève un brin benêt est troublé par l'apparition des spectres sortant comme d'un ventre maternel d'autres trappes aménagées sur la scène.
" Lorsque je l'ai lu pour la première fois, Micromégas m 'a frappé par son côté imagé, tellement direct, raconte le metteur en scène. On dit que Voltaire
l'aurait improvisé. Il s'amusait beaucoup avec la lanterne magique ou les marionnettes. Il organisait même des représentations privées chez lui. Dans cette fable, il joue avec les contrastes, les géants face aux hommes, la
relativité de l'homme face à l'univers. " Dans l'adaptation qu'il en a faite avec
la manipulatrice d'objets Pascale Pinamonti, Ezéquiel Garcia-Romeu combine
le langage de l'acteur et l'apparition des marionnettes pour servir le texte de Voltaire.
Modeste, il se qualifie de bricoleur, parle du plaisir qu'il prend à "fabriquer". Atypique, ce natif de Buenos Aires est venu en France à l'âge de 8 ans, a quitté l'école pour le Conservatoire de Nice et l'amour de la guitare, l'a délaissé à son tour en 1984 pour la marionnette, travaillant au passage comme décorateur
pour les musées ou le cinéma. On dit de lui qu'il réinvente le théâtre d'objets et de tréteaux. Il dit de lui qu'il aime avant tout inventer et découvrir. Une chose est certaine, il élargit singulièrement l'horizon du public et s'adresse sans distinction aussi bien aux grands qu'aux petits spectateurs, bouleversant là
aussi les rapports d'échelle.
" Dans ce monde qui va de plus en plus vite, où les choses doivent s'imposer par la force, où toutes les énergies sont concentrées sur les impacts médiatiques,
je pense que l'esthétique ancienne peut toujours être contemplée et servir de base à de nouvelles créations. J'avais envie d'évoquer cet imaginaire un peu
naïf où l'image passe par le dessin. La technologie sophistiquée utilisée aujourd'hui nous éloigne de notre culture, qui pourtant est récente. Car Voltaire, ce n'est vraiment pas loin… "
Françoise DARGENT
FIGAROSCOPE
Janvier 2004
Une leçon d'humilité
Micromégas est un personnage démesuré, haut de 10 km, âgé de quelques millions d'années et locataire de l'étoile Sirius. A 250 ans, Il entre au collège
des Jésuites de sa planète, devine plus de 50 propositions d'Euclide puis s'intéresse " au sortir des rumeurs de l'enfance " à l'entomologie. Jugé comme hérétique, condamné à 800 ans d'exil par la cour des fanatiques du clergé, il décide de voyager " pour achever de se former l'esprit et le coeur ". En compagnie du secrétaire de l'Académie des sciences de Saturne, " un nain de 2 km de haut ", rencontré au cours de son périple, le géant arrive jusque sur le globe de la Terre. Il découvre alors " un assemblage de fous, de méchants el de malheureux " dominé par des " barbares sédentaires qui ordonnent du fond de leur cabinet et en font remercier ensuite le droit ou Dieu solennellement ".
Cette " sottise " philosophique, écrite par Voltaire au XVIII siècle à la suite
d'une représentation improvisée autour de ses marionnettes, est aujourd'hui
un spectacle de marionnettes insolite mis en scène par Ezéquiel Garcia-Romeu. Le théâtre du voyage de Micromégas est une immense chrysalide, pourvue en son centre d'un plateau circulaire, où le minuscule croise le gigantesque, la matière inanimée le vivant, l'ombre la lumière. Ce rapprochement d'éléments antagonistes favorise la perte des repères et grâce à un jeu de trappes secrètes qui s'ouvrent sur objets, marionnettes et comédiens, le public est plongé dans
un univers magique et inattendu qui suscite questionnements, émerveillements et rires.
Ce spectacle, en forme de farce, qui emprunte à tous les genres, le fantastique, la magie, la science et la philosophie, est une occasion de découvrir la plume caustique de Voltaire. Ses remarques contre les dogmatismes et les massacres n'ont pas pris l'ombre d'une ride. Par le rire et l'absurde, il grossit à la loupe la petitesse des hommes et encourage, en ce début 2004, à toujours plus d'humilité. Une bette leçon pour commencer l'année!
D. D.
LE MONDE
7 janvier 2004
SUPPLEMENT ADEN
" L'étonnement des voyageurs redoublait à chaque instant. Ils entendaient parler des mites d'assez bon sens: ce jeu de la nature leur paraissait inexplicable. "
Les voyageurs du conte philosophique de Voltaire sont un jeune philosophe de Sirius haut de quarante kilomètres, en villégiature sur notre terre, accompagné d'un savant habitant de Saturne. Et tous deux découvrent avec perplexité ces " mites ", ces " atomes " que sont les hommes... Pour donner vie à cette fable voltairienne, le metteur en scène Ezéquiel Garcia-Romeu a recréé toute une galaxie de marionnettes et d'objets.
A contempler les incroyables images que le robot Spirit nous envoie de Mars, on peut s'émerveiller de la prouesse technologique que ce voyage implique. On peut concevoir, dans un vertige, la légion d'opérations qu'il a fallu régler de main d'homme pour le rendre possible. Mais quel spectateur, venu voir à Chaillot un spectacle familial d'à peu près une heure, se fera le plaisir d'un tel vertige? Pourra-t-il jamais imaginer les mille et mille minutieux rouages humains qui président à sa représentation? Et pourtant, si ledit spectateur avait pu assister aux répétitions du Micromégas d'Ezéquiel Garcia-Romeu, il aurait sûrement été frappé de leur troublante ressemblance avec les préparatifs d'un voyage interstellaire.
Cette similitude ne vient pas seulement du fait que Micromégas, fable philosophique écrite par Voltaire au XVIII° siècle, raconte comment deux géants venus de Saturne et de Sirius entreprirent d'explorer l'Univers, et arrivèrent un beau jour sur Terre, pour y découvrir ces piètres créatures qu'on appelle les humains. Il y a aussi la scénographie : une scène formée par un grand octogone épais d'un mètre, au sein duquel se cachent deux acteurs et deux marionnettistes, dans une exiguïté de station spatiale. Et surtout, il y a cette précision de technicien de la Nasa qu'exige l'ensemble du spectacle. A chaque réplique ou presque, de petits personnages surgissent de trappes insoupçonnables, des boules deviennent blanches, des pommes apparaissent comme par magie. Sans parler des jeux de lumière et de musique. Mais l'ensemble donne une création fascinante, à la fois grave et drôle, baroque et sobre, où l'on dissèque à la loupe les errements de notre monde.
A l'origine, Micromégas était une improvisation pour marionnettes et lanterne magique. " Dans sa forme définitive, on retrouve d'ailleurs les traces d'un découpage théâtral. D'où l'idée d'adapter ce texte ". De saynètes espiègles en tableaux saisissants, c'est justement ce foisonnement de trouvailles qui permet d'apprivoiser le texte de Voltaire: un comte dense, tout ébouriffé d'ironie et rempli de piques contre les dogmes de son temps (il s'en prend successivement aux thomistes, aux adeptes des théories de Locke, aux malebranchistes...).
De ces polémiques du siècle des Lumières, Garcia-Romeu n'a retenu que ce qui éclaire notre époque: cette idée qu' " il n'y a pas de recette, pas de pensée toute faite à laquelle se fier aveuglément." Et ce constat que l'éternel humain fait encore des ravages : " Je lisais Voltaire à l'époque de la guerre en Afghanistan. Et je l'ai trouvé très... actuel. Sa critique de l'humanité, à travers le regard distancié de deux géants venus d'autres planètes, est toujours d'actualité : la réalité se compose toujours de guerres, d'abus de pouvoir, de puissants qui massacrent pour des intérêts personnels. Ca n'a pas beaucoup progressé,
depuis Voltaire. "
A peine l'interview terminée, Ezéquiel Garcia-Romeu retourne au studio du théâtre, vérifier un ultime rouage. Les deux comédiens, Mouss et Jacques Fornier, regagnent leurs minuscules coulisses octogonales, se recroquevillent, puis se déplient, pour répéter inlassablement une même phrase, un même
geste, jusqu'à la perfection de l'effet recherché. Ils ont l'air de bâtir des cathédrales invisibles, et l'on ne peut s'empêcher d'imaginer les deux extraterrestres de Voltaire examinant cet étrange phénomène: peut-être verraient-ils sous l'apparente absurdité, la beauté de l'exercice.
Orianne CHARPENTIER
LIBERATION
1 - 2 janvier 2003
Une adaptation du "Micromégas" de Voltaire par Ezéquiel Garcia-Romeu.
Travail d'orfèvres
La modestie chez Ezéquiel Garcia Romeu est un sixième sens. Quand certains metteurs en scène ne rêvent que de démesure (la salle la plus vaste, le spectacle le plus long, le plateau le plus large, la troupe la plus nombreuse...), lui n'aspire qu'à la discrétion: la plus petite pièce dans l'espace le plus réduit avec le moins de spectateurs possible. L'un des précédents épisodes de ce "Chérie, j'ai rétréci le théâtre" se déroulait entièrement sur une petite table dans une cage entourée de rayonnages. Vingt-cinq voyeurs y suivaient avec ravissement les Aberrations du documentaliste, un divertissement pour personnages et objets miniatures. Cinq ans plus tard, le public - guère plus nombreux qui s'installe sur le plateau du Théâtre Granit de Belfort (où Garcia-Romeu est metteur en scène associé) est invité à suivre une adaptation de Micromégas, le conte de Voltaire. Cela tombe bien: il y est justement question des rapports entre la mesure et la démesure, l'infime et l'universel, l'observation scientifique et la métaphysique. Et tel le géant natif de Sirius qui, du haut de ses quarante kilomètres, tente de scruter la Terre, le spectateur s'applique à suivre des aventures sur un espace de quelques centimètres carrés rempli de trappes. Rien de plus difficile que de manier l'infiniment petit. Garcia-Romeu et ses complices (le scénographe François Tomsu et la manipulatrice Pascale Pinamonti) sont horlogers autant que marionnettistes. Ils sont secondés par deux acteurs-troncs (Jacques Fornier et Mouss) qui font revivre, en un éclair, le voyage de Micromégas et de son compagnon saturnien. A peine commencé, c'est déjà fini, mais cela continue de hanter. René SOLIS
LE PROGRES DE FECAMP
8 février 2003
"Micromégas", un conte philosophique
La semaine dernière, la Scène Nationale de Fécamp proposait, dans les locaux de 1'anclenne école de voile de Fécamp, " Micromégas " de Voltaire, une pièce superbement mise en scène par Ezéquiel Garcia-Romeu. Au centre de l'installation du spectacle, une simple scène ronde, où deux comédiens, le disciple et le maître, apparaissent en troncs. Autour d'eux surgissent des marionnettes comme par magie, l'éclairage tamisé de la pièce accentuant l'effet surréaliste... A travers le voyage extraordinaire de deux géants qui se meuvent avec aisance entre les planètes,Voltaire s'efforce d'éveiller notre lucidité et notre esprit critique. Micromégas mêle habilement la fiction, les événements comiques, la satire sociale et la réflexion philosophique. Du haut de ses quarante kilomètres de hauteur, Micromégas est représenté comme un savant. Sur les hommes constamment décrits dans te conte comme des insectes, il pose un regard d'entomologiste. Il manifeste un goût passionné pour l'objectivité et la vérité. Dans cette quête philosophique, où se combinent enquête scientifique et conquête de soi, Micromégas devient un philosophe accompli des Lumières…Une satire philosophique et sociale où les hommes sont décrits comme tombant facilement d'accord sur les questions scientifiques. En revanche, ils s'aperçoivent que les terriens se querellent sur tous les sujets métaphysiques et religieux.Une constatation du siècle des lumières qui fonctionne encore aujourd'hui. Un très beau spectacle, entre humour, philosophie et poésie, qui se termine dans une ambiance boîte de nuit et fantaisiste sur la musique de Jimi Hendrix!
LE PAYS
27 janvier 2003
BELFORT
Il faut cultiver la Terre
Très librement adapté de Voltaire, le Micromégas, d' Ezéquiel Garcia-Romeu, deuxième création du Granit cette saison, est une pièce d'orfèvrerie qui brille
de ses feux magiques durant tout le temps de la contemplation. Orfèvre en matière de figurines, le metteur en scène joaillier a créé son propre univers,
un monde symbolique tiré de l'inconscient collectif.
Une vingtaine de micro-apparitions jaillissent ainsi deus ex machina avant de disparaître comme des bulles de savon dans la nuit des temps. On peut tour à tour reconnaître Voltaire en philosophe, Pantalon au piano, la Mort qui tue et le Ridicule qui ne tue pas, des têtes ecclésiastiques et des formes humaines qui se battent. Sur ce théâtre de tréteaux, deux comédiens en buste, qui assurent les différentes voix du récit, commentent l'odyssée de la Terre avec amusement. Jacques Fornier et Mouss, les deux géants de Sirius et Saturne, jouent en Laurel et Hardy avec beaucoup de fraîcheur et d'émerveillement. Les jeux de lumières participent à la magie cosmique et font tourner la scène sphérique comme un ludion dans une galaxie.
L'adaptation laisse apparaître la substantifique moelle du conte et la sagesse de Voltaire s'exprime de façon limpide à travers plusieurs maximes bien frappées. Car cette fantaisie philosophique tourne in fine à la farce tragique. L'ironie voltairienne est toujours d'actualité.
Dans le conte, les mille fous de notre espèce couverts de chapeaux qui veulent tuer cent mille autres animaux couverts d'un turban nous renvoient à l'Irak.
Et le spectacle d' Ezéquiel Garcia-Romeu se termine aux temps modernes par
une animation vidéo figurant une danse de pantins. Il faut cultiver la Terre!
Michel GRIVET
Contact production
Karinne MERAUD
Tél. : 06 11 71 57 06















