LE MONDE 13 mars 1999 Petit théâtre métaphysique Une isba monumentale enfoncée dans une dent creuse du quai de la Loire à Paris. Dans l'entrée, des tables dispensent les substances apéritives propres à donner l'élan nécessaire pour s'engager dans un labyrinthe de rideaux noirs. Au débouché, les spectateurs se retrouvent le nez collé à un grillage fin, dans la position d'insectes piégés par la lumière qui émane d'une bibliothèque où sont alignées une quarantaine de chaises face à un bureau. Le silence, traversé par les vibrations métropolitaines, souterraines, terrestres et aéronautiques, est bientôt brisé par le bruit, terrible, de la chute régulière d'une goutte d'eau. D'une excroissance de tissu émerge un nez, puisant l'air, entre deux fumigations mentales. Un globe terrestre à la main gauche, le "documentaliste" a l'apparence d'un savant de convention, légèrement hébété. Il est question de création du monde, d'un fil insaisissable entre la vie et la mort, de lointaines généalogies. De sages vieillards barbichus, hauts comme le doigt, surgissent de tiroirs secrets comme pour tenter de comprendre les affres du solitaire. Leurs silhouettes envoûtantes et envoûteuses, de plus en plus petites, jusqu'à n'être plus que de simples dominos, portent le cauchemar du minuscule vers la perfection. Des mains apparaissent, brandissant billes, boules, balles, dans une physique amusante du globe, qui passe, avec les marionnettes, à la métaphysique, inquiétante comme les peintures des Carra ou De Chirico. Mains coupées, multipliées, bien réelles, dégainées comme un fer seront remisées dans une caresse de velours pour clore la visite, indispensable, du précieux cabinet de curiosités ouvert par François Tomsu et Ezéquiel Garcia-Romeu. Jean-Louis PERRIER LIBERATION 14 juillet 1999 Festival d'Avignon Le cabinet des illusions On traverse un labyrinthe de rideaux noirs, histoire de perdre tous ses repères, pour arriver face à une grande cage sertie d'un voile de gaze. On discerne dans la pénombre les rayonnages d'une bibliothèque, quelques rangées de chaises et le crâne chauve d'un archiviste en frac à sa table. On prend place à l'intérieur pour écouter celui qui se fait fort de résoudre devant nous toutes les énigmes de l'univers. Il mélange, dans une langue versant dans les ornières de la répétition et du babil, un charabia politico- mathématique filant tout droit sur d'aberrantes cosmogonies. Mais cette fausse parole déclenche des réelles fantasmagories. De sous le velours du bureau du fonctionnaire, surgissent de toutes petites personnes, marionnettes frémissantes de toutes les modulations de l'âme, qui apparaissent et disparaissent au gré des délires du démiurge débordé. On entre sans effort dans cette magie blanche et noire, grâce à la persuasion du documentaliste (Jacques Fornier, fascinant insidieux empathique) et grâce aussi à un art très fin de la manipulation, qui évite, par de subtils découpages, tout effet appuyé. Les séquences sont si fugitives qu'on se demande si on ne les a pas rêvées et on regrette d'autant que ce travail d'orfèvrerie soit dénaturé par un texte qui en rajoute dans l'imperfection du propos. A. D. LE FIGARO 20 juillet 1999 AVIGNON Les miniatures d'Ezéquiel Garcia-Romeu On entre dans le musée, on visite une première salle, où s'exposent de majestueux Joseph Vernet, puis on bifurque soudainement: on passe par une petite porte qui débouche sur un escalier, on descend les marches, et on aboutit dans une petite pièce où, sur une table dressée, des boissons sont proposées. Les trente-cinq futurs spectateurs d'Aberrations d'un documentaliste, d'Ezéquiel Garcia-Romeu et François Tomsu, font antichambre avant de s'engager à nouveau dans une promenade qui s'achève dans une sorte de caverne à peine éclairée, où, derrière un grillage de tulle, on devine les rayonnages d'une bibliothèque, des chaises disposées face à une table. On se tient coi. Dans le silence, le bruit obsédant d'une goutte d'eau. Au moment où on s'y attend le moins surgit la tête du fameux .documentaliste (Jacques Fornier) d'un amas de tissus posé sur la table. Il pense résoudre l'énigme de la création du monde, et se lance dans un discours vite illogique, chaotique. Mais l'essentiel est ailleurs. De trappes secrètes creusées dans la table apparaissent des poupées spectrales, marionnettes de quelques centimètres drapées de tissus précieux, belles et énigmatiques. Ezéquiel Garcia-Romeu, qui nous a régalés il y a deux ans dans ce même musée d'un spectacle de cinq minutes singulier et attachant, La Méridienne, poursuit son travail sur la miniature. "Je suis fasciné par la miniature, dit-il. Je m'inspire de la sculpture romane, qui raconte la place de l'homme dans le monde. Nous sommes des miniatures par rapport à l'infini. Au théâtre, manipuler des miniatures, c'est obliger le spectateur à plus d'attention, à se projeter dans l'infime. Un frémissement de la marionnette, une lumière qui éclaire un bras et laisse dans l'ombre le reste du corps, tous ces gestes minuscules construisent un monde onirique." Il manipule ces poupées avec François Tomsu, scénographe : " Nous tentons de circonscrire le vide", résume-t- il. Chaque apparition des poupées est brève. Elles glissent et disparaissent. Quand les lumières se rallument et que saluent les artistes, on est étonné de revenir sur terre. " Nous proposons une aventure qui doit toucher chaque spectateur différemment. A lui de construire son rêve." Les petites miniatures que nous sommes applaudissent, se lèvent, retrouvent le soleil, la foule, le bruit. A-t-on rêvé? Ces petites poupées n'ont pas fini de hanter nos songes. Marion THÉBAUD LA CROIX 27 juillet 1999 Un mini-voyage dans la galaxie du rêve Rien de plus facile que de se transporter sur la planète habitée par Ezéquiel Garcia-Romeu et ses complices, Jacques Fornier et François Tomsu. Il suffit tout d'abord d'abandonner l'esprit de sérieux et la manie du classement: Les Aberrations du documentaliste ", leur nouveau spectacle présenté à Avignon, n'appartient en effet à aucune catégorie préétablie. Il y est certes fait usage de marionnettes, des marionnettes minuscules confrontées à un personnage de chair et d'os lie comédien Jacques Fornier, mais ceci n'en fait pas pour autant un spectacle de marionnettes, du moins au sens ordinaire du terme. Et ne dispense en aucune façon de se prémunir d'une bonne dose d'esprit d'enfance, cette aptitude à l'émerveillement, qui est en elle-même production poétique. Nanti de ce délicat viatique, on se contentera alors d'entrer dans le musée Calvet à Avignon, l'un des plus beaux musées de France en cours de rénovation, de suivre une souriante cicérone qui vous guide, de salles en corridors, jusqu'à une sorte de sous-sol étrange discrètement aménagé en salle de spectacle. Et d'entrer enfin dans le cabinet des mystères, cette fameuse bibliothèque chargée d'ana et de poussière, royaume ombreux du documentaliste. Documentaliste ou vieux kabbaliste échappé d'on ne sait quel grimoire improbable? Bonimenteur ou prophète à rebours saisi par le scepticisme et la dérision? On ne sait, en tout cas, il est là, à s'interroger sur Dieu et sur la création du monde, et à prétendre le réinventer. Quelques flammes qu'on éteint, quelques vieux livres jetés par terre, quelques objets, œuf ou mappemonde, extraits d'un rituel imaginaire, et surgissent, quasiment de nulle part, en réalité de dessous la table, les vieillards miniatures encapuchonnés dans leurs doutes et vite happés par l'abîme. C'est très beau, étrangement souriant. L'effet de magie est garanti pour ce mini voyage dans la galaxie du rêve. Chantal AUBRY LE DEVOIR 23 mai 2000 QUEBEC - CARREFOUR INTERNATIONAL DE THEATRE Une leçon de métaphysique En ce samedi après-midi, on est près d'une trentaine à attendre dans le hall de l'auditorium Joseph Lavergne. Une porte s'ouvre, on suit un long couloir obscur qui mènera derrière un rideau qui cache une table en bois de même que la façade d'une très haute bibliothèque. C'est au milieu de ce décor que Jacques Fornier tient le rôle d'un curieux archiviste qui entraînera les spectateurs dans une fable ludique sur l'origine de la création du monde. La pièce de la compagnie française s'intitule " Aberrations du documentaliste " et en moins d'une heure on tente de résoudre l'énigme du commencement de l'univers. Grâce à l'imagination prodigieuse d' Ezéquiel Garcia-Romeu et François Tomsu, on est alors convié à une pure merveille théâtrale. Aussi subtil qu'étrange, ce poème dramatique interroge les grandes questions de l'existence avec l'aide d'objets miniatures. Sous cette table qui s'ouvre à plusieurs endroits, Jacques Fornier récite en même temps qu'il orchestre ce voyage onirique dans ln univers réduit à la taille des marionnettes. Les manipulateurs Ezéquiel Garcia-Romeu et François Tomsu font apparaître de minuscules personnages qui suivent le fil de ce récit sur la connaissance, la vie et la mort que commente Jacques Fomier. Recouvert d'un paletot, l'interprète se penche sur les ombres du temps, de la matière ou encore des formes. L'archiviste émerveillé anime les réponses possibles d'un savoir que seul Dieu possède; cette naissance mystérieuse de la matière comme de l'être. Le silence et l'obscurité ponctuent une telle tentative de création. Il faut voir à quel point le moindre geste oblige le spectateur à entrer en relation avec la force évocatrice du détail. Le jeu de Fornier ne cesse de s'approfondir dans un humour qui se prête souvent à une grande intelligence. Le ton se déploie dans une recherche théâtrale au service de la surprise comme de l'ingéniosité. Il suffit de quelques sphères, d'un mouchoir ou d'une nappe pour décrire avec une grâce poétique, les mécanismes non rationnels de la pensée humaine. On est alors placé devant ces mouvements minimes qui disent l'essence même de ce labyrinthe d'images initiatiques. Loin d'être prétentieuse, cette pièce opère un charme indéniable qui amène chaque spectateur à tirer sa propre conclusion. Ces " Aberrations du documentaliste " questionnent une histoire universelle où la clarté intérieure parle aux sens qui provoquent les mécanismes du rêve. Il suffit de revoir cette dernière image, lorsqu'une petite statuette transporte, le poids de la terre… Le spectacle d' Ezéquiel Garcia-Romeu et François Tomsu est une fête de l'esprit qui montre dans toute sa splendeur la pertinence de l'aventure théâtrale. Il demeure à l'image de la richesse percutante de cette cinquième édition du Carrefour international de théâtre de Québec. Une programmation où il a été possible d'être en contact avec le risque nécessaire des créateurs, des expériences très différentes mais souvent d'une pertinence exemplaire. David CANTIN THE ARTS Monday, MAY 22, 2000 Throwing theatre together, bit by bit The French contribution is rarer still: Aberrations du documentaliste (Vagaries al the Archivist) is a poppet show like no other. First you are led through a labyrinth of black curtains, to find yourself peering through gauze into some kind of half-lit library. There, the archivist, played by veteran French actor Jacques Fornier, emerges from under the canvas cover used to shade rare documents like a wizened jack-in-the-box who has lost his spring. Once seated in his library, you witness the odd drama that unfolds on the surface of his desk, with little figures whose faces are no bigger than your thumbnail emerging from trapdoors the size of cigarette packages. (Puppeteers Ezéquiel Garcia-Romeu and Pascale Pinamonti are hidden beneath the table.) The puppets, robed men and mythic animals, act our little dumb shows in which they battle for control of a globe or puzzle over the emergence of an egg, while Fornier's sweelly lunatic archivist questions the existence of God and the origins of man in a rambling philosophical conversation with himself. The show was conceived by Garcia Romeu, a french pupetter of Argentine extraction, with the help of colleague François Tomsu, and the two pose no novel question, not do they offer any great revelation as the archivist ponders the eternal conundrum. Instead, they build delicately hovering parallels between librarian, artist and God, all creators in their way. The archivist begins his deliberations by dictating the text of Genesis to a tiny scribe who looks just like him, "And God said, let there be light…" MESSAGGERO VENETO 20 febbraio 2000 Un uomo e i suoi burattinisi interrogano su Dio, creazione e destino " Aberrations du documentaliste ", affascinante spettaoclo con Jacques Fornier Le domande del vecchio Faust UDINE - Un vecchio Faust, imprigionato ira alte pareti zeppe di libri; un Faust perso nei meandri di pensieri solipsistici che nulla ha più da spartire con il campione luciferino della sfida all'immortalità; un Faust un po' iroppo compreso e compiaciuto di una cultura tanto vasta quanto ormai solo retorico esercizio filosofico; un Faust stanco e cosiretto a porsi domande alle quali sa di non poter dare risposta certa. E sono le domande su Dio, la creazione, il destino dell'uomo... Un Faust incanutito bambino che giocando con questi interrogativi corne fossero minuscoli pupazzetti dà vita a un teatrino di misteriose apparizioni, un teatrinodi marionette scaturito dalla sua millenaria biblioteca, immagini e suggestioni di un ormai confuso armamentario di conoscenze rapprese in volumi polverosi. Ungioco un po' paradossale, il suo, al quale il pubblico, in numero ridottissimo - trentacinque persone alla volta - è ammesso corne una sorta di teatro anatomico di medievali ascendenze ad assistere alle sue elucubrazioni verbali e visive. Sono le "Aberrations du documentaliste", uno spettacolo di Ezéquiel Garcia-Romeu e Francois Tomsu, interpretato da Jacques Fornier, e presentato fino a stasera al Teatro San Giorgio di Udine in tre repliche quotidiane per la stagione di Teatro Contatto. "Aberrations", deformazioni, appunto, di una mente abituata al pensiero. E cosi sul piccolo palcoscenico del nostro "documentaliste", di cui scorgeremo per quasi tutto il tempo della rappresentazione solo il capo in un lungo e un impietoso primo piano, vediamo scorrere piccole marionette. Marionette - per la verità bellissime - chela ravvicinata posizione e l'isolamento nel buio rendono di dimensioni quasi normali con quel sorprendente effetto di spiazzamento che quasi sempre si accompagna agli spettacoIi del genere (le credi grandi e invece, basta un dito scoperto deI marionettista o, corne in questo caso, il viso o uno sguardo o un gesto del protagonista, a riportarle alla loro natura di piccole inquietanti bambole inanimate). E c'è, all'inizio, dopo che il documentaliste ha esposto le leggi che regolano la disposizione dei libri nella sua biblioteca (in alto i volumi dedicati alle cose celesti e agli umani e poi via via sempre più in basso quelli dedicati agli animali, ai minerali fino alle creature immonde, agli errori della natura), un piccolo pupazzetto, alterego del vecchio bibliotecario che lo spinge al rito delle questioni metafisiche. Comincia cosi una serie di apparizioni che vanno da una lenta processione di bianche statuine destinate a precipitare nel vuoto a due vecchi filosofi che si disputano il mondo, da un cranio scheletrico che sembra voler sottolineare la sostanza per cosi dire amletica del nostro vecchio sapiente a una veloce coloratissima apparizione deI diavolo fino alla lenta conclusiva sfilata di un lacero Atlante con una gamba di legno che porta sulle spalle il mondo. Un gioco, si diceva, che si fa godere soprattutto per la raffinatezza degli oggetti che muove e la situazione di intima complicità offerta dalla minuscola struttura della scena e da un ben calibrato gioco di luci e suoni smorzati ma presenti, quali un insistente gocciolio di acqua a sottolineare l'inesorabile scorrere del tempo, latrati di cani in lontananza a dire la solitudine del luogo e un kirye cantato in spagnolo a rendere più coniraddittorio il senso di una ricerca razionale e laica inevitabilmente destinata a confondersi con il sentimento religioso. Mario BRANDOLIN FOLHA DE SAO PAULO 28 de julho de 2006 CRITICA / TEATRO Sergio Salvia Coelho "Aberrações" desvenda a solidão e eleva ator à condição de boneco Diante de sua biblioteca imensa, garantia de seu saber privilegiado, o intelectual posa solenemente para o posteridade. A imagem é tão emblemática para o século 20 quanto foi para o 19 a foto da o família feita em estádio -e, muito em breve, igualmente obsoleta. Tanto major é a nostalgia de les "Aberrations du Documentaliste" ("Aberrações de um bibliotecário"), espetáculo que a campanhia franco-argentino Ezéquiel Garcia-Romeu aprentou com uma excelente acolhida do publico no Festival International do São José do Rio Preto e que agora começa a temporada no Sesc Santana. Inserido no restrito universo do teatro do bonecos para adultos, o dirétor-manipulador, eleva ainda mais a aposta ao limitar sua platéia. "La Méridienne", espetáculo da mesma companhia que teve já uma temporada relâmpago na cidade, era radical: um boneco minúsculo manipulado pelo diretor-cenógrafo expunha durante cinco minutos "a fragilidade do penseamento humanio diante do tempo" para um único espectador, que em seguida eraconvidado a compartilhar suas impressões com o público que esperava ainda. Nesta expêriencia, a solidãoainda o tema, embora o público seja um poco menos restrito (sao 38 por sessão), e novamente uma discreta interatividade procure sensibilizà-lo para uma profundidade essencial. Conduzido por um labirinto -a referêrencia à Borges é imediata-, o público espia escondidonos devaneios desse demiurgo do mondo das idéias, pela transparência das coxias, até poder sentar na platéia. O bibliotecário é um ator. Mas será mesmo? A precisão de seus movimentos, o carisma de sua fisionomia eleva Jacques Fornier à condição de boneco, na utopia de Gordon Craig _e o espetáculo parece remeter diretamenteao revoluciniário encenador inglês, que passou as últimas décadas de sua vida recluso elaborando espetáculos de animaçáo. Um rápido arremesso de dados ameaça levar à erudição da biblioteca do simbolista Mallarmé -mas nada haverá de hermético no espetáculo. Pelo contrário: a grande referência do encenador é Fernando Pessoa, e logo tudo se banhará na sábia puerilidade do Alberto Caeiro, com o desassossego de Bernardo Soares. O tema de Deus diante de sua criatura é de umfascínio incontornável manipuladores, e o espetáculo se filia pela sua poesia densia, quase ritual, ao grupo Contadores de Estórias de Paraty. Mas enquanto o gropo de Marcos Caetano Ribas surge como deuses protetores de suas frágeis e desemparadas criaturas, Fornier não é manipulador. Os bonecos que brotam de sua mesa, como alucinações, animados habilmente por baixo pelo diretor e pelo co-diretor e co-cenógrafo François Tomsu, parecem ter vida própria. Uma vida efêmera e sem nexo, no entanto. Esses homúnsculos, como caricaturas derrisórias da humanidade, se autodestroem na disputo pelo mundo, sem que o criador possa fazer algo por eles. Uma alegoria tão clara sobre os atuais tempos de guerra, que qualquer tentativa de acrescentar sentidos leva ineviltavelmente à diluição da força do espetáculo. O sono da razão produz monstros, e não há nada que um documentalista possa fazer contra essa aberrações. Resta compartilhar da sua solidão, a espera de tempos melhores.
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Ezéquiel Garcia-Romeu < I > Théâtre de la Massue Spectacles Aberrations du Documentaliste Présentation Distribution Presse Photos Vidéo Technique Vente Contact Téléchargement Dossier pdf English version
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