Le petit théâtre du bout du monde – Opus I

Le petit théâtre du bout du monde est un projet de création dont j’ai souhaité qu’il se déroule en trois temps :

1- Un temps de recherche pure, sans préjuger de sa mise en œuvre à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon du 13 au 25 octobre 2014.

2- Un temps d’expérimentation plus concrète à partir de la fabrication de quelques éléments artistiques et techniques déterminés au TJP de Strasbourg du 12 au 25 janvier 2015.

3- Enfin un temps de réalisation aboutissant à la création du spectacle à l’automne 2015. Le premier temps de recherche vient de s’achever. Il a eu lieu avec la collaboration de Laurent Caillon, conseiller artistique, dramaturge, à qui j’ai demandé de s’associer à cette quête artistique.

LE THÈME DE LA RECHERCHE

Un choix préliminaire a encadré le travail à La Chartreuse: la géographie et la physique particulières d’un territoire clôturé et sous surveillance. Secteur de vie de notre monde contemporain.
Ce LIEU évoque un territoire à la lisière de notre tranquillité, dans le hors champs du civilisé, d’un urbanisme sans identité. Le “lieu gardé” se révèlera être immédiatement ou progressivement, un lieu de stockage, de dépôt, de tous les dépôts possibles. Ce lieu est un choix POLITIQUE qui préfigure peut-être une civilisation à l’orée de la nôtre, l’infra monde d’aujourd’hui, supra monde de demain.

Ici, des êtres en marche, prolétaires du néant et du glanage, en sont les habitants tolérés. Les animaux eux-mêmes concourent à la survie et rêvent comme les hommes de liberté, en prenant conscience de l’univers qui les entoure.
Le choix de matériaux contemporains vient soutenir notre propos esthétique et scénographique, tout comme celui de la réalisation de nos personnages. Tel un atelier ouvert, le spectateur aura accès à tous les mécanismes de notre structure, où le marionnettiste lui-même déambulera à la lumière de ses multiples entités. Nous avons pris appui sur la technique du PORTRAIT au sens figuré comme au sens propre avec l’intervention de la peinture et du dessin.

Il a fallu à partir du postulat de leur vagabondage dicté par ce lieu désertique c’est à dire hors civilisation, amorcer la création de ces êtres. Puis trouver leur nature profonde, pour donner à la marionnette et son acteur manipulateur, tout son sens philosophique.
Ils sont dans une posture qui pose la même question : À QUOI PENSENT-ILS ? Peuvent-ils penser en dehors de leur contrainte ? Nous avons décidé de ne pas y répondre dans l’immédiat. La force de ces personnages est aussi en partie le fruit de leur bizarrerie, de leur étrangeté, donc de leur mystère. Ce sont pour nous autant de PORTRAITS d’hommes, de femmes ou d’enfants contemporains, évoluant dans un milieu qui opère sur leurs destinées et que nous pourrions comparer à notre monde actuel.
Chaque personnage confronté au lieu, fabrique devant nous un moment de présent, constitutif de sa condition. Inquiétante étrangeté d’un monde de l’Ailleurs, drôles de “gens” dont la ressemblance avec nous-mêmes est peut-être un avertissement.

Ainsi sont nés : la Vieille à la porte, la Jeune Femme à l’arrêt d’autobus, un Enfant, l’Homme sandwich, le Gardien du terrain vague et son double, le Boutiquier, le Transporteur d’obus, le Porteur de ballots. Dans ce Work in Progress, d’autres êtres sont en gestation…

DISTRIBUTION

Conception : Ézéquiel Garcia-Romeu
Dramaturgie et regard extérieur : Laurent Caillon
Scénographie et marionnettes : Ézéquiel Garcia-Romeu
Jeu et manipulation : Ézéquiel Garcia-Romeu et Issam Kadichi en alternance
Manipulation machinerie et régie plateau : Thierry Hett
Création sonore : Samuel Sérandour
Costumes : Cidalia da Costa et Myriana Stadjic
Peinture des décors : Claudia Andréa Mella Diaz
Accessoires : Sabrina Anastasio
Technique et mécanismes : Thierry Hett et Frédéric Piraïno
Avec la participation du Hublot
Fabrication des ensembles scénographiques : Ateliers du TNN centre dramatique de Nice
Dessins et peintures : Ézéquiel Garcia-Romeu
Crédit photographique : Nathalie Sternalski

PRODUCTION / COPRODUCTION

Production : Théâtre de la Massue, Compagnie Ézéquiel Garcia-Romeu
Coproduction : Théâtre National de Nice, TJP – CDN de Strasbourg, La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon
Avec le soutien du Théâtre d’Arles

AGENDA DES REPRÉSENTATIONS

2018
• 21 février 2018 – 10h00, 19h00, 21h00 – Scène 55, Mougins (06)
• 10 et 11 mai 2018 – Festival international de la marionnette de Bochum (Allemagne) – 4 représentations

2017
• 26 avril 2017 – 22h00 – Festival Geo-Condé, Théâtre Gérard Philippe, Frouard (54)
• 27 avril 2017 – 10h00 et 14h00 – Festival Geo-Condé, Théâtre Gérard Philippe, Frouard (54)
• 4 mai 2017 – 14h15 (scolaire) et 20h00 – La Criée, Théâtre National de Marseille
• 5 mai 2017 – 20h00 – La Criée, Théâtre National de Marseille
• 6 mai 2017 – 16h00 et 20h00 – La Criée, Théâtre National de Marseille
• 9 mai 2017 – 14h15 (scolaire) et 20h00 – La Criée, Théâtre National de Marseille
• 10 mai 2017 – 9h30 (scolaire) et 19h00 – La Criée, Théâtre National de Marseille
• 11 mai 2017 – 9h30 (scolaire) et 20h00 – La Criée, Théâtre National de Marseille
• 12 mai 2017 – 20h00 – La Criée, Théâtre National de Marseille
• 13 mai 2017 – 16h00 et 20h00 – La Criée, Théâtre National de Marseille

EXPOSITION

Du 4 au 13 mai 2017
Esquisses, dessins préparatoires d’Ézéquiel Garcia-Romeu
pour Le petit théâtre du bout du monde, dans le hall de la Criée.

Le petit théâtre du bout du monde – Opus II

Prenant la suite de son Opus I (2014), Ezequiel Garcia Romeu reprend l’univers du Petit théâtre du bout du monde en 2018 avec un nouveau spectacle, projet d’installation pour marionnettes contemporaines, écriture, scénographie et art contemporain.

Le petit théâtre du bout du monde, titre évocateur de pays lointain, nous parle de notre monde contemporain et désigne un lieu universel de création, ici même au milieu de nos utopies.

Le spectateur se place et circule librement autour d’un paysage posé sur un grand plateau, il observe ses vallées et ses montagnes. L’action se déroule dans un paysage désertique projeté dans un futur que nous savons déjà révolu. Ce lieu est choix politique qui préfigure une civilisation à la lisière de la nôtre. Les êtres qui errent à la recherche d’une vie meilleure, représentés ici par une multitude de marionnettes, qui nous ressemblent étrangement.

Le petit théâtre du bout du monde est peuplé créatures bizarres. Qui sont les «drôles de gens» ? Qui sont ces créatures fragiles dont les figures nous questionnent sur nos propres vies ? De quoi vivent-elles ? Quelles sont leurs motivations ? Et surtout à quoi pensent-elles ?

Une création transmedia alliant l’art de la marionnette et l’art du jeu vidéo
Alors que le spectateur s’immerge dans ce grand paysage et découvre l’univers artisanal de la marionnette, il soupçonne à peine la sphère numérique qui surveille ce territoire via un jeu en ligne: en coulisse loin de la salle de spectacle, des joueurs et les réseaux sociaux nous observent.

Dans un jeu vidéo dédié au projet artistique, les internautes se disputent des morceaux de terre, et optent pour telle ou telle action qu’ils confient à des machines automatisées, robots de la destruction et de l’extraction à tout prix. Ces actions influenceront le fil de la narration et le déroulé du spectacle. Dans cette œuvre interactive, les joueurs deviennent acteurs de la performance. Les dates de représentations du spectacle viendront ponctuer le fil indépendant du jeu et représenteront des temps forts pour les participants.

Le petit théâtre du bout du monde – Opus II a reçu le « Prix de la Meilleure Création Lumière » au Fadjr International Theatre Festival de Téhéran (Iran)

The small theatre from the end of the world – Opus II
Installation-performance for contemporary puppets, writing, scenography and contemporary art

The spectator moves freely around a great and desert landscape. He observes valleys and mountains. In this miniature world, creatures wander in search of a better life. Little puppets populate this landscape. Who are they? What are they thinking about ? They look like us strangely.
While the spectator immerses himself in this great landscape and discovers the craft world of puppetry, he does not suspect that players are observing and manipulating the performance via a video game.

DISTRIBUTION

Création, mise en scène, scénographie et manipulation : Ézéquiel Garcia-Romeu
Dramaturgie : Laurent Caillon
Compositeur : René Koering
Création sonore : Stéphane Morisse
Régie et Manipulation de machinerie : Thierry Hett
Manipulation des marionnettes : Ézéquiel Garcia-Romeu, Iroslav Petkov, Christo Ivanov, Margarita Kostova, Teodora Rashed, Plamen Kanev

PRODUCTION / COPRODUCTION

Production : Théâtre de la Massue, Compagnie Ézéquiel Garcia-Romeu
Coproduction : Théâtre National de Nice (TNN), Théâtre Nouvelle Génération (CDN DE LYON), Le Théâtre – Scène nationale de Sénart, Le Carré – Scène Nationale de Chateau-Gontier, Théâtre National de Marionnette de Vidin (Bulgarie), Plovdiv – Capitale européenne de la Culture (Bulgarie), L’Extra-pôle

AGENDA DES REPRÉSENTATIONS

2019
• 25 au 28 novembre 2019 – PlovdivTogether, Capitale européenne de la Culture (Bulgarie)
• 21 et 22 novembre 2019 – NDK, Palais National de la Culture à Sofia (Bulgarie)
• 22 septembre 2019 – Festival Court Toujours au Nest Théâtre, CDN de Thionville (France)
• 21 et 22 février 2019 – Festival FADJR de Téhéran (Iran)
• 31 janvier au 2 février 2019 – Carré, Scène Nationale de Château Gontier (France)

2018
• 12 au 16 décembre 2018 – Théâtre Sénart, Scène Nationale de Lieusaint (France)
• 14 au 24 novembre 2018 – Théâtre National de Nice (France)

La Méridienne

Mise en scène, scénographie et manipulation : Ézéquiel Garcia-Romeu
Crédit photographique : Lin Delpierre

La Méridienne est un spectacle pour un spectateur, et marionnette microscopique. Il raconte la fragilité de la pensée humaine face au temps qui passe, La Méridienne en un premier temps appelé le Marotoscope, a été conçu dans un état d’esprit expérimental.
Les spectateurs, avant d’assister individuellement à la représentation, se retrouvent autour d’une table où est offerte une collation.

Notre petit théâtre est isolé, dans une pièce à part, vers lequel il faut se déplacer, dans un parcours de méandres obscurs.
Face à l’unique spectateur, une lucarne; derrière la lucarne, le minuscule rideau de scène. Le montreur de marionnettes, invisible et calfeutré dans son théâtre, commence la narration d’une parabole muette dont le geste seul des poupées définit l’évolution du drame dans un temps et un espace que l’on pourrait dénommer sacré ou métaphysique: cette « miniature » semble parler et transmettre un message du fond des âges et agir au plus profond de l’esprit du spectateur, là où règnent silence et tranquillité réelle, loin du quotidien et de la vanité de ses agitations.

Le décor de La Méridienne ressemble à un temple miniature. C’est l’assemblage étrange du lointain souvenir d’un théâtre aux personnages « totems », ou d’un théâtre d’opéra ayant perdu ses voix et ne gardant des corps que l’image, comme ce petit fantôme du Château des Carpettes de Jules Vernes. Ou encore le souvenir d’une icône qui reflèterait avec peine l’ultime lumière qui l’anime, au milieu de l’obscurité grandissante.
Lorsque chacun aura reçu sa part de représentation, il lui appartiendra, avant de s’en aller, de transformer en souvenir collectif ses impressions individuelles.

HISTORIQUE DES REPRÉSENTATIONS

TJP, Biennale internationale Corps-Objet-Image Les Giboulées, Strasbourg / Théâtre de la Commune-CDN d’Aubervilliers / La Manufacture, CDN de Nancy / Le Grand Parquet, Paris / Scènes Nationales de Gap, Combs la Ville, Evry / Festival la Mousson d’Été, Pont-à-Mousson / Centre Culturel Français de Sao Paulo / Lille Capitale Européenne de la Culture / Forum Jacques Prévert, Carros / Carrefour International de Théâtre, Québec / Festival de Théâtre de Gand / Festival International de Marionettes de Cannes / La Ferme du Buisson / CDN de Caen / Festival Berliner Festspiele, Theaterwelten, Berlin

Le Scriptographe

Spectacle, atelier-spectacle d’écriture automatique
(pour auteurs et spectateurs), en toutes langues

Conception, mise en scène, scénographie, manipulation : Ézéquiel Garcia-Romeu
Crédit photographique : Lin Delpierre

La présentation de cet objet théâtral a eu lieu à la Mousson d’été en août 2006. Jean-Marie Piemme, David Lescot, Aurélien Recoing, Joseph Dinan, Marie Dilasser, Aziz Chouaki sont parmi les premiers dramaturges ayant participé aux séances publiques d’écriture du Scriptographe.

Imaginez un monde souterrain d’où un manipulateur d’êtres aux résonances spectrales, manœuvre des trappes au milieu d’une table et présente en guise de repas, des motifs de vies et de natures mortes, pour que les auteurs et dramaturges accoudés à leurs écritoires, s’inspirent du motif présenté par cet Hadès.

Le Scriptographe est une table, à classer dans la catégorie des gros stupéfiants hypnotiques. Remède d’approche irrationnelle de l’écriture. Il serait plus juste de dire, un trou à écriture, vortex vers lequel l’œil et la “cafetière” de l’auteur seraient aspirés, pour que l’encre se déverse gentiment comme un miaulement de chat noir, en rut. S’il s’agissait de la cabine au long court de Konrad, nous y verrions tout de même le laboratoire de Faust où Méphisto œuvrerait sous la table à la connaissance de l’œuvre…

Atelier d’écriture automatique par le visuel, coupure avec le temps et le jugement, décrivons plus simplement l’objet pour votre compréhension: sur la table se trouvera un rouleau de papier de Chine ou d’Arabie, ou plus exotique encore, de pays lointains, bien enroulé sur lui même en son sommeil. Se déroulant par magie, il sortira de son hiver, pour la nuit de l’esprit, et laissera échapper par une trappe centrale, une salve fétide d’objets et de personnages “scéniques” au destin enluminé. Diable! Comment réagiront nos savants auteurs réunis autour de cette tentation? Ils tenteront de rattraper le temps avec le gargouillis de l’encre, ils feront onduler le trait humide de leurs cadrans, pour rendre à la table la sève quelle leur aura donnée. Et puis, par mégarde, ils iront au-delà du sens, distraitement.

Quelle fin pour tout ça? D’abord un bon verre de vin pour ces travailleurs des signes; ensuite la lecture de chacun des textes par chacun d’eux, car après avoir hypnotisé vos yeux de spectateur, c’est pour vos oreilles que leur langue travaille à décrypter…

PRODUCTION / COPRODUCTION

Production : Théâtre de la Massue, Compagnie Ézéquiel Garcia-Romeu
Coproduction : Maison Folie des 3 Moulins de Lille, La mousson d’été